Éditorial du Cahier 653

Écrit par Alain Billecoq

Dix ans, ça suffit...

Uniquement pour moi, bien sûr. Il y a, en effet, presque dix ans déjà qu’Hélène Langevin, alors présidente de l’Union rationaliste, m’a demandé d’assurer la responsabilité des Cahiers Rationalistes. Je dois avouer que, vraisemblablement flatté dans mon orgueil, j’ai accepté immédiatement, inconscient de la tâche à assumer.

Notre revue relevait d’une grande crise et son équipe qui s’est reconstituée peu à peu s’est attachée à lui redonner vigueur. En partant à la recherche de nouveaux auteurs et de nouveaux sujets d’articles ; en renouvelant et étendant l’éventail de nos rubriques ; en donnant la parole à nos lecteurs quand ils le souhaitaient ; en modernisant et aérant sa présentation. Ces Initiatives que nous avons menées, si possible, de front, nous avons pu les mettre insensiblement en œuvre grâce à l’appui sans faille de nos présidents SUccessifs, Hélène Langevin donc, puis Edouard Brézin et, désormais, Yves Bréchet qui nous ont accordé toujours leur confiance. C’est cette même confiance constamment renouvelée que nous ont apportée le Conseil d’administration et plus largement vous tous, chers lecteurs et chers membres de l’UR.

J’ose, personnellement, dire toute ma gratitude à chaque membre du Comité de rédaction et du Comité de lecture qui m’a épaulé et supporté. Et je m’en voudrais de ne pas souligner, enfin, le professionnalisme, le dynamisme et la mansuétude de notre secrétaire et de notre maquettiste qui ont répondu présent spontanément et avec bonne humeur quand je les sollicitais.

Il est vrai que ces lignes peuvent paraître convenues au moment où je quitte la fonction qui fut la mienne mais je vous prie de croire qu’elles sont profondément sincères. Il y a eu, certes, parmi notre équipe et au sein de notre association des épisodes de turbulences car rien ne s’accomplit sans passion mais nous les avons surmontés parce que nous avons su garder l’œil fixé sur l’objectif qui nous unit, la défense et la promotion de la rationalité sous toutes ses formes, la défense et la promotion de la laïcité ; bref, la liberté de pensée et d’expression. Autant dire que je formule le vœu que ce libre exercice du jugement rationnel de l’UR, et partant des Cahiers, s’oriente encore davantage sur les questions dites d’actualité en France et dans le monde qui nous interpellent quotidiennement.

« Dix ans, ça suffit ! », comme je le criais en mai 68 alors que je terminais mes études. Et, en ce sens, je suis demeuré soixante-huitard car lorsque je me suis résolu à prendre la décision de prier la Conseil d’administration de me permettre d’abandonner la responsabilité de notre revue après dix années, il me semblait qu’un renouvellement était nécessaire à sa vie, qu’une nouvelle impulsion devait lui être donnée, que de nouveaux horizons probablement s’ouvrait à elle que je jugeais ne plus être entièrement en mesure de piloter. C’est ainsi le cœur et la raison rassurés que je laisse la place à mon successeur Jean Devos, mon collègue et ami de longue date, qui saura mener à bien ce chantier jamais terminé que sont les publications d’une association comme la nôtre.

À toutes et tous, je réitère mes remerciements pour m’avoir soutenu et à toutes et tous j’adresse mon salut fraternel et amical. Et je n’oublie pas nos trois amis disparus Aliette Geistdœrfer, Jean-Pierre Kahane et, tout récemment, Bernard Graber aux personnalités si différentes mais à l’esprit si affûté qui m’ont aidé dès ma prise de fonction et jusqu’au bout m’ont accompagné de leurs avis. Ils me manquent et nous manquent.