Union rationaliste

Affaire Sokal

L'affaire Sokal

Qu'est-ce que "l'affaire Sokal" ?

Le canular de Sokal

Ce que l'on appelle aujourd'hui "l'affaire Sokal" est partie de la parution d'un article du physicien américain Alan Sokal dans une revue de sciences humaines, Social Texts :

"Transgressing the Boundaries: Toward a Transformative Hermeneutics of Quantum Gravity"

Cet article consistait en une parodie de certains philosophes, intellectuels et plus généralement des penseurs post-modernes, qui font l'apologie du relativisme et qui utilisent des concepts scientifiques mal assimilés pour étayer leur discours.

Les rédacteurs en chef de la revue Social Text acceptèrent l'article de Sokal sans se douter qu'il s'agissait d'un canular.

Sokal révéla son canular quelques temps plus tard, dans la revue Lingua franca, et s'expliqua sur ses intentions :

"A Physicist Experiments with Cultural Studies"

Son article ayant été mal compris et ayant donné lieu à de malentendus et des débats pas toujours bien informés, Sokal reprécisa sa position dans un article :

"Transgressing the Boundaries: An Afterword"

L'une des intentions de Sokal était de dénoncer le manque de rigueur intellectuelle de certains chercheurs en sciences humaines et de certains philosophes, leur utilisation abusive de termes scientifiques non maîtrisés, leur acceptation de l'argument d'autorité, et en particulier de montrer qu'ils étaient prêts à accepter un galimatias absurde du moment qu'il allait dans le sens de leurs opinions. L'autre intention de Sokal, et la plus importante, portait justement sur le contenu de cette opinion : le relativisme, que Sokal cherchait à dénoncer comme étant un courant d'idées dangereux pour l'existence même de la pensée.

Qu'est-ce que le relativisme ?

C'est un courant philosophique fort ancien, qu'on peut faire remonter aux sophistes grecs, consistant à dire que les faits, les réalités objectives n'existent pas, et niant toute hiérarchie de valeur dans les jugements. Le relativisme affirme que seules existent des opinions, dépendant d'individus ou de groupes d'individus, et qu'elles ont toutes plus ou moins la même valeur (on ne peut pas les comparer). Le relativisme est donc un scepticisme poussé à l'extrême, niant toute possibilité de se rapprocher de la vérité, dans quelque domaine que ce soit. Il nie aussi toute possibilité de discussion, et de convergence des points de vue, entre les "groupes " ayant des opinions différentes.
Dans le domaine de l'épistémologie, il consiste à prétendre que la réalité objective n'existe pas, qu'il n'y a que des théories subjectives, dépendant des circonstances historiques et culturelles etc.

Les critiques formulées contre Sokal.

Les intellectuels attaqués ont prétendu que Sokal avait mal compris leur pensée. En particulier, ils ont affirmé n'avoir jamais mis en cause l'existence de la réalité, mais seulement les théories (à leurs yeux toujours subjectives et influencées par les circonstances).

Ils ont également prétendu que les concepts mathématiques et physiques qu'ils utilisaient avaient seulement un usage métaphorique (le problème étant qu'une métaphore doit éclaircir un propos, alors que les métaphores employées étaient des concepts scientifiques pointus inconnus de la plupart des lecteurs des philosophes incriminés : ces métaphores ne faisaient qu'obscurcir leur discours).

Sokal a répondu à toutes ces critiques et à d'autres (voir "Transgressing the Boundaries: An Afterword" ).
Voir aussi sur notre site, l'intervention d'Alan Sokal : Un débat mal compris, où il répond aux critiques.

Les malentendus

Voir certains malentendus évoqués par Sokal lui-même : Un débat mal compris

De nombreux sites internets évoquent l'affaire Sokal, mais les malentendus sont fréquents. Ainsi, Libération ne fait référence qu'à l'un des aspects du canular de Sokal : l'affaire Sokal/Libération.

Pire, on trouve un contresens dans la plaquette de la Semaine de la Science de Saint-Michel sur-Orge 1998 : l'affaire Sokal y est associée à la mémoire de l'eau (!) dans un débat intitulé "l'esprit critique en science — deux exemples : l'affaire Sokal — la mémoire de l'eau", avec le résumé suivant : "Le plus souvent, la novation scientifique doit s'affirmer face au conformisme des institutions. Ainsi ceux qui ont plaidé pour la "mémoire de l'eau" se sont vus récusés a priori par la plus grande partie de la communauté scientifique. Alan Sokal, savant reconnu, a envoyé un texte faussement scientifique à une revue de réputation mondiale : il a montré que des références terrorisent assez les scientifiques pour endormir leur esprit critique."
Sans commentaire…

 

Plus d'informations

Tous les articles, interviews etc. concernant l'affaire Sokal se trouvent sous forme de liens sur la page personnelle d'Alan Sokal, aussi bien les critiques que les interventions en sa faveur.

C'est une page très riche, que nous recommandons de visiter.

 

L'affaire Sokal relayée par l'Union Rationaliste

Colloque Sokal :

L'Union rationaliste a organisé un colloque autour de l'affaire Sokal, où Alan Sokal était invité. Ce colloque a connu un énorme succès.

L'intervention d'Alan Sokal est disponible sur ce site : Un débat mal compris.

Les autres interventions ont été publiées dans les Cahiers rationalistes et sont disponibles sur notre site :

{related keywords=?Affaire Sokal+Colloque 1998?}

Articles des Cahiers rationalistes et interviews :

L'affaire Sokal a fait l'objet d'autres articles publiés dans les Cahiers rationalistes et disponibles sur ce site, ainsi que des interviews à la radio dans les émissions de l'Union rationaliste :

{related keywords=?Affaire Sokal+!(Colloque 1998)+!(CR526)?}