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Note de Lecture : "Il faut tenter de vivre", Robert Redecker, Le Seuil éd. Paris janvier 2007 Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Pierre Dazord   
26-02-2007

Le 19 Septembre 2006, Robert Redeker, professeur agrégé de philosophie dans un lycée de la banlieue toulousaine et membre du Comité de rédaction des Temps Modernes, publiait dans Le Figaro une tribune libre intitulée «  Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? ». Il exerçait là un droit reconnu depuis l’adoption de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen en 1789, qui stipule dans son article 11 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ». Que disait Robert Redeker ? Il rappelait simplement ce que tout esprit cultivé ou, à tout le moins, curieux, peut savoir de l’histoire de l’Islam. Contrevenait-il à la loi ?  La loi, au sens de la Déclaration, ne peut par nature, porter atteinte à la liberté de la connaissance. Notre pays, républicain et démocratique, ne comporte aucune telle « loi » malgré  les bavardages de penseurs d’hypermarché sur le fait religieux visant à substituer à l’enseignement de la vérité historique, celui des différentes histoires saintes des différentes religions. Robert Redeker non seulement a usé  de sa liberté d’opinion mais du droit à l’énoncé de la vérité scientifique et de la connaissance historique ! 
Cette tribune libre connue, les menaces de mort pleuvent sur Robert Redeker, par courrier électronique, dans les émissions sur les chaînes arabes, Al Jazeera  notamment, etc … Les menaces sont sérieuses et vont rapidement concerner sa famille. Le Ministère de l’Intérieur prend les choses avec la gravité  qu’elles méritent et organise sa protection ; il se voit confiné chez lui, dans l’impossibilité d’enseigner. Vivant dans une maison dont tous les volets sont clos à la demande de la gendarmerie, il reprend sa seule arme sa plume : «J’ai écrit ce journal pour témoigner de ce que fut ma vie depuis ce fameux 19 septembre 2006. Pour ne pas, en plus de l’enfermement auquel j’ai été contraint pour ma protection, laisser le silence m’emmurer vivant. Pour ne pas capituler devant les fous de Dieu ».
Il faut lire ce témoignage, et tout d’abord par solidarité, car l’on n’est enfermé que si les autres vous laissent être enfermé. Mais dire ceci est réducteur, car il faut le lire aussi pour la qualité de l’écriture et de la pensée, pour la fermeté du combat rationaliste poursuivi. Parce qu’il faut savoir de la bouche même de quelqu’un qui en souffre, le crime que représente cette  tentative de meurtre physique doublée de meurtre moral, cette tentative de déstabilisation de l’individu. Il n’y a pas de compromis possible avec ces fous, ils ne doivent être ni compris ni amadoués ni excusés : la rigueur de la loi doit leur être appliquée !
Ce qu’il y a peut être de plus douloureux dans ce livre, c’est de voir l’absence dans ce combat pour la vérité scientifique et le droit de la proclamer,   de ceux qu’on aurait dû trouver au premier rang : l’administration de l’Education Nationale, l’Inspection générale de philosophie, les enseignants et leurs syndicats, les organisations de défense des droits de l’homme telles la L.D.H. ou le M.R.A.P., et bien sûr les organisations de la gauche. Pire même, Rouge, le Canard Enchaîné, l’Humanité n’ont pas hésiter à se ranger avec les aboyeurs de mort. Robert Redeker décrit la souffrance d’un homme abandonné par les siens et sa détermination inébranlable.
Et encore ! Les seuls candidats à l’élection présidentielle à avoir soutenu Robert Redeker et le droit à la connaissance et la pensée libre sont Nicolas Sarkozy dans une intervention sans ambiguïté le 9/10/2006 dans l’émission 7/9 de France Inter, François Bayrou et Philippe de Villiers. L’extrême gauche et ses tentations brun-rouge, verdies à l’islam érigé en religion des pauvres, sont trop connues pour que cela mérite qu’on s’y arrête. Mais que dire de l’absence de réaction de la candidate socialiste…  qui  ne prononce jamais le mot Liberté.   Heureusement quelques individualités ont sauvé l’honneur de la gauche  tels André Gérin député communiste de Vénissieux, Vincent Peillon et Dominique Strauss Khan parlementaires socialistes etc…
Le réconfort principal est venu des organisations qui ont assuré la défense et la solidarité avec Robert Redeker, tel le C.R.I.F. de Toulouse à l’origine d’une pétition de soutien, et d’intellectuels tels Claude Lanzmann et les Temps Modernes, Bernard Henry Lévy etc…Il faut d’ailleurs compléter la lecture du livre de Robert Redeker par la lecture du n° 641, novembre-décembre 2006, des Temps Modernes, qui contient des articles de Claude Lanzmann, Catherine Kintzler et  Mohamed Sifaoui ainsi que la republication d’un article autobiographique de Robert Redeker.

 

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