| Lettres : Très peu d'ayatollahs pour nous, merci |
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| Écrit par Raymond Joly | |
| 14-12-2004 | |
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Le Devoir, Édition du mardi 14 décembre 2004 Montréal, le 13 décembre 2004 Un lobby redouble actuellement d'efforts pour obtenir que le gouvernement québécois reconnaisse un statut officiel des tribunaux islamiques qui jugeraient en vertu de la charia. Il est monstrueux qu'on envisage même de discuter d'une pareille proposition. Une fois partis, aurons-nous des tribunaux catholiques, presbytériens, anglicans, adventistes du septième jour et raéliens ?
D'après l'un des porte-parole du Conseil musulman de
Montréal, il s'agit pour les disciples de Mahomet d'avoir "
une instance officielle pour s'assurer qu'ils gèrent leur vie selon
les préceptes de leur religion ". C'est oublier que le Québec
n'est pas l'Arabie Saoudite ou l'Europe du XIVe siècle. La liberté
de conscience est une valeur fondamentale de notre société.
Des musulmans peuvent décider de ne pas faire ce que leurs imams
disent que le Coran leur ordonne : ils encourront peut-être des châtiments
épouvantables dans l'autre monde mais, dans celui-ci, c'est leur
droit le plus strict. Si les patriarches ne réussissent pas à
se faire obéir, c'est triste pour eux, mais qu'ils n'essaient pas
de mobiliser le bras séculier pour donner du prestige à leurs
décrets. L'État est là pour protéger les citoyens,
entre autres contre ceux qui prétendent les régenter en se
drapant dans le manteau d'exécuteurs des volontés divines.
Le Devoir nous apprend que le propagandiste du " Conseil de la charia
" se vante aussi d'avoir " enjoint aux 7435 musulmans de la circonscription
de Saint-Laurent de voter pour l'actuel ministre de la Justice en 2003 ".
Ce vénérable clerc ignore apparemment que nous avons connu
l'époque où les curés donnaient des consignes en chaire
sur la façon de voter. Cela fait partie de notre patrimoine au titre
des choses dont on essaie de rire pour s'empêcher d'en avoir trop
honte.
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