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ROGER FOURME
Pour une embellie durable de la recherche Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Roger Fourme   
01-09-2007
Index de l'article
Pour une embellie durable de la recherche
La nécessité de la recherche
Bref état des lieux
Les acteurs de la recherche
Financement
Gouvernance, responsabilité, efficacité
Le système dual
Déclin et renouveau
Abréviations

Les acteurs de la recherche

O
n retrouve ici un trait particulier à l’Hexagone, avec des organismes d’état qui jouent un rôle central dans la production scientifique alors que la plupart des grandes nations scientifiques s’appuient sur des universités. Le CNRS, le plus gros et le plus emblématique de ces organismes, le seul qui soit par essence pluridisciplinaire, joue un rôle majeurdans un ensemble de grandes disciplines (sans parler ici des sciences humaines et sociales) : plus de la moitié des articles en physique, chimie, sciences de l’ingénieur, sciences de l’univers ; en physique, le CNRS publie à lui seul autant que toute la Grande Bretagne. Ce n’est qu’en biologie que sa part moyenne est au-dessous de 50 %. La création des équipes associées au CNRS a joué un rôle capital dans le développement de la recherche universitaire. Ainsi, par son rôle central et toutes les connections qui le relient à une part très productive du reste du terreau de la recherche, le CNRS joue toujours un rôle déterminant. Les autres organismes (INSERM, INRA etc.) ont des rôles plus ciblés, mais aussi des connections étendues.

Le rôle majeur du CNRS en fait une cible politique privilégiée. Dans la situation présente, une modification radicale du statut du CNRS pour en faire une agence de moyens serait catastrophique.

Les universités ne sont pas en mesure de prendre le relais à l’heure actuelle, et ne fût-ce qu’améliorer leurs capacités prendra des années d’efforts persévérants. Cette nécessaire amélioration devrait aller de pair avec une évolution du CNRS. La première évolution devrait être d’ordre budgétaire car l’essentiel de son budget sert actuellement à payer son personnel. La fonction de prospective devrait être renforcée pour anticiper les grandes évolutions et les grands investissements. Les membres des commissions et conseils devraient être choisis davantage sur la base de la qualité que sur d’autres critères, avec une ouverture beaucoup plus large aux étrangers. La revalorisation des carrières, déjà évoquée, serait bénéfique à l’attractivité de l’organisme. Le personnel devrait être davantage encouragé à la mobilité, pour exploiter à fond un avantage extraordinaire (et novateur) du CNRS, organisme national : la possibilité pour un chercheur de changer de laboratoire pour des durées variables sans perdre son poste, ce que ne peut faire sans contorsions un universitaire. Ainsi, cette flexibilité bien utilisée fait que bon nombre des chercheurs de SOLEIL sont détachés du CNRS et que d’autres ont le statut d’associé scientifique tout en restant salarié de leur organisme.



 

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