| Pour une embellie durable de la recherche |
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| Écrit par Roger Fourme | |
| 01-09-2007 | |
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La nécessité de la recherche
C hercher, étendre le camp des connaissances est vital. Pour des raisons multiples. Parce que ce besoin impérieux de comprendre pour agir est le ressort le plus spécifique et le plus fondamental de l’espèce humaine. Parce que la science est très jeune : beaucoup a été fait en quelques siècles, mais la scène du réel révèle sans cesse des dimensions et des strates nouvelles, plus de complexité. Bref, le capital scientifique est déjà conséquent, mais il faut maîtriser l’acquis et aller bien au delà. Deux exemples qui sont de ceux qui m’intéressent. L’amateur de science-fiction est tout autant enthousiasmé que frustré par les laborieux progrès de l’exploration de la très proche banlieue de la Terre, alors que l’univers entier est là. De fait, la recherche spatiale bute sur des limites technologiques, et, plus profondément, sur des limites théoriques (espace et temps) que j’espère temporaires. Le biophysicien est fasciné par la dynamique du vivant, qui a créé très tôt des nanomachines comme le ribosome — qui surclasse par des ordres de grandeur la complexité, l’efficacité et l’élégance des meilleures réalisations humaines — puis cette merveille des merveilles qu’est le cerveau humain. Si la vie a créé, le temps aidant, l’atmosphère riche en oxygène de la Terre, il conviendrait aujourd’hui, pour lutter contre le réchauffement global, que notre science soit capable de concevoir et de réaliser maintenant une algue, une plante, capable de fixer efficacement le gaz carbonique. Les scientifiques sont constamment appelés à la modestie et au travail pour progresser vers une science plus efficace et plus douce parce que plus profonde. Parce que la population doit de plus en plus acquérir la maîtrise des concepts, un socle scientifique solide, des capacités d’analyse et de synthèse et plus généralement toutes celles qu’on localise plutôt dans l’hémisphère droit du cerveau. Faute de quoi, les développements techniques, les objets quotidiens, l’accès immédiat aux bases de données accumulant toute les connaissances de l’humanité resteront des boites noires, des acquis stériles et la source de l’inquiétude qui naît devant l’incompréhensible et le non-maîtrisé. Faute de quoi, des affirmations simplistes et régressives vont continuer à brouiller les vrais enjeux soulevés par diverses questions difficiles (aujourd’hui OGM, cellules-souches, sources d’énergie…) sur lesquelles le citoyen devrait pouvoir donner un avis pertinent. Faute de quoi, il y aura un fossé croissant entre les profils d’emplois requis par une société de la connaissance et les capacités du plus grand nombre. Il faut donc poursuivre une recherche active, avec de manière liée une large diffusion des résultats de cette recherche au meilleur niveau. Parce qu’un pays de taille moyenne comme la France — mais qui demeure une grande puissance et un partenaire central sur l’échiquier européen — doit investir massivement dans la recherche et l’enseignement supérieur s’il veut rester à ce niveau dans le futur. Des voyages récents en Chine, au Japon, à Taiwan, au Pakistan, en Corée du Sud, en Afrique du Sud, m’ont permis de constater que ces pays ont changé de braquet depuis quelques années sur le soutien à la recherche, et notamment à la recherche fondamentale. En France, on en cause beaucoup, mais rien ne se passe. Bon prétexte pour faire un point, fût-il rapide, de la situation.
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