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ROGER FOURME
Pour une embellie durable de la recherche Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Roger Fourme   
01-09-2007
Index de l'article
Pour une embellie durable de la recherche
La nécessité de la recherche
Bref état des lieux
Les acteurs de la recherche
Financement
Gouvernance, responsabilité, efficacité
Le système dual
Déclin et renouveau
Abréviations

Déclin et renouveau

T
oute l’argumentation que j’ai développée montre que le contexte actuel de la recherche au plan mondial n’est pas particulièrement favorable à la recherche de connaissance. J’avance l’hypothèse que, au regard des moyens mis en œuvre, il y a dans ces conditions beaucoup d’accumulation quantitative mais relativement peu d’accumulation qualitative, celle qui fait les vraies ruptures. On parle souvent de développement scientifique foudroyant, mais en mélangeant ce qui ressort de progrès techniques, de la sortie de nouveaux produits, d’une meilleure exploitation d’idées connues et de percées véritables. Tout ce qui est vraiment nouveau était par définition à la fois dans l’air et imprévu. Comme en art, la créativité suppose d’admettre l’incertain, un certain désordre fécond.

  La préservation des acquis de la recherche de connaissance et son développement doivent être une préoccupation nationale.

C’est le plus court chemin vers le nouveau, vers l’efficacité pour la société. Premier fil directeur. Dans les disciplines que je connais le mieux (physique, chimie, biologie, biophysique), la recherche française me semble engagée dans un processus d’érosion lente mais qui va s’accélérant. La priorité faible accordée par les politiques, l’industrie et les citoyens — je ne parle pas ici de la bonne image persistante de nos métiers — au soutien de la recherche et de la formation supérieure tout comme la persistance de graves défauts structurels ont fini par se traduire dans les faits. Ce qui me frappe cependant, c’est qu’en dépit de tous ces handicaps, la recherche française a la peau dure. Elle reste dans le peloton de tête mondial, elle excelle toujours dans divers domaines. L’Université a su élargir — dans des conditions invraisemblables — le socle de la formation de masse (ces données ne sont nullement prises en compte pour établir le classement de l’Université de Shanghai). Cette pugnacité étonnante mérite considération et réflexion. Elle signifie que notre système possède des atouts conséquents, voire novateurs dans le contexte actuel, pour inverser la tendance au déclin et construire une véritable économie de la connaissance. C’est le second fil directeur. Il faut des changements. Mais le danger majeur qui guette le système français serait de changer par la transposition mécanique de principes importés d’ailleurs (lesquels font d’ailleurs l’objet de correctifs significatifs) alors que tout l’environnement économique et les traditions de la France sont autres. Le débat large autour de Sauvons la Recherche a dégagé des propositions qui me semblent un point de départ réaliste pour renverser la tendance, sans qu’il soit besoin de relancer à court terme des États généraux de la Recherche. Donc la situation n’est pas apocalyptique comme le prétendent ceux qui veulent jeter le bébé avec l’eau sale. Mais elle est vraiment sérieuse. Il est temps d’agir, mais d’agir de bonne manière.




 

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