| Textes et Documents pour la Classe : «Science et société» |
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| Écrit par Hélène Langevin-Joliot | |
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Un numéro « Science et société » de la revue TDC ( Textes et Documents pour la Classe) éditée par le CNDP est sorti le 1er octobre. Le thème en avait été suggéré par le groupe « enseignement » de l’Union rationaliste. Le schéma du numéro a été élaboré par la rédaction en collaboration avec nous. Trois articles ont été respectivement écrit par Michel Blay (Le point ), Hélène Langevin-Joliot (la science garante de la démocratie ) et Edouard Brézin (Qu’est ce qu’une vérité scientifique ? ). On peut se procurer la revue dans les CNDP des différentes académies.
Sommaire 06/13 LE POINT La vérité pour horizon , par Michel Blay, Directeur de recherche au CNRS 14/17 DÉCRYPTAGE Portraits de la science, par Stéphane Deligeorges, journaliste scientifique 18/19 ÉPISTÉMOLOGIE La science, garante de la démocratie ? , par Hélène Langevin-Joliot, physicienne, directrice de recherche honoraire au CNRS, présidente de l’Union rationaliste 20/21 INTERVIEW « Faire entrer la science dans la culture », par Bernard Maitte, professeur d’épistémologie à l’université de Lille I 22/24 PHILOSOPHIE Qu’est-ce qu’une vérité scientifique ? , par Édouard Brézin, laboratoire de physique théorique de l’École normale supérieure, membre de l’Académie des sciences 25/28 POSTER Sur les voies de l’innovation, par Jean-Michel Courty et Édouard Kierlik, professeurs à l’université Pierre et Marie Curie, Paris. 29 L’ESSENTIEL 30/45 PÉDAGOGIE CHIMIE Sde-Tles La chimie en beauté, par Christine Bouillet, professeure de sciences physiques PHILOSOPHIE Tles Progrès scientifique, progrès social ?, par laure Bordonaba, professeure de philosophie 46/47 SUR LA TOILE Pour un dialogue fécond, par Marie-Christine Cuvelier, professeure documentaliste 48 RESSOURCES
Editorial Malaise au labo Le
constat est unanime, implacable et navré : la France connaît aujourd’hui
une crise des vocations scientifiques qui fait craindre pour l’avenir
de la recherche dans ce pays. À dire vrai, aux dernières nouvelles,
les « humanités » ne se porteraient guère mieux, la médecine n’attirerait
plus les foules, le commerce, jadis florissant, entrerait à son tour
dans la tourmente, pour ne rien dire de la plomberie ou de la boucherie,
carrément sinistrées… On n’ose se risquer à extraire le plus
petit dénominateur commun de ces sombres diagnostics, de peur de casser
l’ambiance... Limitons-nous donc à cette seule espèce en voie de
disparition : le savant. Les
explications – plausibles – ne manquent pas : inaccessible au
commun des mortels, ou familière par les seules menaces qu’elle ferait
peser sur notre avenir, la science n’a pas bonne presse. Au reste,
l’a-t-elle jamais eue ? Le scientisme, s’il domina jamais, paraît
bien loin, et les arts se sont employés depuis longtemps à lui faire
pièce : pour un Pasteur ou un Fleming, combien de Diafoirus, de Jekyll,
de Moreau ou de Frankenstein ? Pour une Marie Curie ou un Einstein, combien
de Nemo, de Rotwang, de Mabuse ou de Folamour ? Il y a bien Cosinus,
Nimbus ou Tournesol… On a connu mieux en matière de héros. On
voit bien sur quels malentendus peut reposer un tel divorce : la
confusion habituelle entre science et technique, et une bonne dose de
mauvaise foi épargnant à chacun les efforts pour acquérir quelques
rudiments de cette langue, complexe sans doute, mais après tout l’Allemand
ou le Chinois le sont-ils moins ? On voit bien aussi de quels dangers
cet abandon est gros : car l’ « étrangeté » de la science est –
et de plus en plus – proportionnelle à son impact sur nos vies, et
l’on ne saurait se réjouir de ce que l’immense majorité de la
population ne comprenne rien à son environnement. Acceptation soumise,
adhésion aveugle ou rejet irrationnel : dans tous les cas, la terreur
n’est pas loin. Guy Belzane, rédacteur en chef de TDC |






