| Les créationnismes. Une menace pour la société française ? |
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| Écrit par Aliette Geistdoerfer | |
| 19-02-2009 | |
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Cyrille Baudouin et Olivier Brosseau,
Editions Syllepse, mai 2008, 138 p., 7€.L'ouvrage comprend un index des noms propres des personnes, des associations et institutions citées. Présentation et table des matières sur le site des Editions Syllepse
Pour combattre le “Cheval de Troie” des Eglises, les créationnismes, lisez ce petit chef-d’oeuvre. Il est souvent plus difficile d'écrire un petit livre qu'un gros ouvrage sur des sujets aussi complexes que ceux qui sont choisis par Cyrille Baudouin et Olivier Brosseau et dont nous allons rendre compte. Les auteurs ont parfaitement réussi cet exercice. Dans la première partie de l'ouvrage, les auteurs décrivent chronologiquement la construction de ce que l'on va appeler les créationnismes : leur histoire, leur évolution, leurs différentes formes et cela en les plaçant dans les contextes nationaux, religieux, sociaux et politiques. Les auteurs apportent les éléments qui vont permettre aux lecteurs de suivre leur démonstration : pourquoi le développement de ces mouvements représente une menace pour les sociétés. Ils s’attachent à décrire la situation en France dans la deuxième partie de l’ouvrage. Les auteurs expliquent brièvement ce qu'est l'évolutionnisme et l'évolutionnisme darwinien (p 12Les chiffres entre parenthèse sont les numéros des pages de l'ouvrage cité.) pour donner le contexte scientifique de la mise en place des créationnismes :
Un des récits fondamentaux des trois grandes religions monothéistes, judaïsme, christianisme et islam, le récit de la création (dans la Bible, la Génèse) est pour les croyants "la théorie" de l'origine de la vie et l’explication de la création du monde et des espèces :
Ce récit biblique de la "création" est choisi comme outil de propagande à la fin du XIXe siècle par les Eglises évangéliques nord-américaines car elles veulent contrer la théorie de l'évolution des espèces, proposée par Charles Darwin qui devient la référence scientifique et commence à être enseigné. Les acteurs de ces regroupements vont s'intituler les créationnistes et leur "théorie", qui n'est qu'un petit morceau de la Génèse, le créationnisme. On peut suivre, dans ce livre, comment les Eglises d'abord chrétiennes, pour poursuivre leur existence et leur prosélytisme, ont créé de nouveaux outils que sont LES créationnismes et comment ceux-ci aujourd’hui, se sont amplifiés, complexifiés et sous des formes “modernes” connaissent une expansion internationale. Comment ils deviennent une menace réelle pour l’évolution sociale et le progrès en général, car il se présente comme une “science” et impose un ordre social et moral car ils étaient et demeurent l’idéologie sous-tendant les pouvoirs politiques, économiques et religieux « les plus conservateurs ».
Pourquoi l'organisation des créationnistes ?Le XIXe siècle est une période où dans bien des pays des changements scientifiques, techniques, sociaux, politiques et économiques provoquent des bouleversements auxquels les Eglises vont répondre comme elles savent le faire. Les créationnismes ne sont pas seulement un usage particulier fait d’une partie des croyances appartenant à des systèmes religieux, mais les outils, construits par les Eglises, "pour leur adaptation" au développement des connaissances scientifiques, aux changements socio-politiques que connaissent les sociétés et cela du XIXe siècle à aujourd'hui. Les créationnismes sont un des déguisements du "projet social et politique" des Eglises. En effet, expliquent les auteurs, mouvements religieux, ils sont organisés au XIXe siècle pour s'opposer et attaquer le projet social, un progrès social, que va permettre et a permis le développement de la connaissance scientifique quand avec la publication du livre de Charles Darwin (1858) "L'origine des espèces" est diffusée une théorie celle de l'évolution des espèces et de leurs origines. La théorie de l'évolution est reconnue comme une théorie scientifique. Aussi, elle est intégrée dans les programmes d'enseignement scolaire, utilisée dans différents secteurs, autres que biologiques, géologiques et paléontologiques. Son statut, de référence scientifique universel, quant à l'origine de la vie et à l'évolution des espèces, s’oppose aux croyances religieuses dans leurs fondements les plus essentiels, comme : la création du monde, le péché originel, l'existence de deux mondes, la terre, un passage vers l’autre, paradis ou enfer, le destin de chacun, etc. Cette théorie, fondée sur la méthodologie matérialiste, peut permettre à chacun, grâce à l’enseignement public, d’apprendre à raisonner, à vivre en créant ses références, ses modèles, ses normes … hors dogme religieux et politique et va entraîner des changements sociaux et politiques, déjà bien engagés au XIXe siècle. Les Eglises ont créé et créé, tous les jours, des stratégies pour pouvoir traverser les changements sociaux, politiques que les sociétés dans le monde entier connaissent et qu'elles ne peuvent pas maîtriser. Elles doivent se défendre, car elles sont prosélytes, tout particulièrement contre un “vieil ennemi”, les sciences et la méthode matérialiste. Elles peuvent se défendre, car elles ont des pouvoirs politiques et économiques, peuvent s'appuyer sur des institutions politiques, des acteurs économiques dont elles sont les alliées et qu’elles dirigent, en normalisant, encore la vie, les pensées et les activités de parties des sociétés. Elles vont "récupérer", quand cela est possible, ou combattre ces changements en créant des stratégies, non fixesLes Eglises prônent le “fixisme”,mais ne l’ont jamais pratiqué !. L'histoire des religions monothéistes est une histoire de cette force d'adaptation. Les Eglises ne partent pas "en guerre", elles créent des outils, au fur et à mesure des "demandes", au fur et à mesure où des fronts vont être ouverts, se conservant, quand cela est nécessaire, cela le fut dans le cas traité, la possibilité d'être en de ça ou au-delà des positions des membres des groupements qu'elles ont envoyés "à la bataille". « De 1859 à nos jours un combat politique contre une théorie scientifique »Tel est le titre de la première partie dans laquelle les auteurs analysent l'organisation, dès la fin du XIXe siècle, « (…) de mouvements anti-évolutionnistes apparus dans des Eglises évangéliques nord-américaines", précisant que « C'est aux Etats-Unis qu'ils se sont développés le plus rapidement. »(pp 6 et 12). Les créationnistes s'organisent en unions, associations, fondations pour pouvoir agir sur les pouvoirs publics et auprès de la population et pour mener leur propagande. Sont créés en quelques décennies des organismes de cette obédience dans les “grands pays”, des Etas-Unis vers d’abord des pays sous influence l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud puis dans les différents pays Européens, qui vont rapidement s’organiser en réseau. La “maison-mère” demeure les Etats-Unis. Les créationnistes deviennent les soldats de la foi et de l'ordre chrétien, concrétisé par la propagation du dogme de la création. Les créationnismes sont les outils de guerre, qui doivent défendre le dogme de la création biblique, présenté comme la seule explication de la création de la vie, du monde ; détruire la théorie de l'évolutionnisme et tout ce qui permet son enseignement, sa diffusion et son contexte en le dénonçant comme une idéologie pernicieuse, amorale, etc. Les auteurs distinguent trois « croisades », comme ils intitulent les trois périodes d’action et les époques de la diversification des modes d'actions des créationnistes aux Etats-Unis : de l’offensive créationniste « littéraliste » à la mise en place des nouveaux mouvements comme L’intelligent design. Le secteur permanent d’action est celui de l’enseignement (comme il le demeure pour les Eglises) et des programmes scolaires dans lesquels a été rapidement incluse la théorie de l’évolution. Etant-donné les structures de l'enseignement aux Etats-Unis (et en Grande-Bretagne) « (…) le système éducatif américain est décentralisé." (p 13) les choix individualisés des programmes est possible. Les créationnistes cherchent à imposer l'enseignement de ces croyances à la place de l'enseignement des sciences. Ceci entraîna combats et procès, mais n’empêcha pas les créationnistes de s’installer dans plusieurs villes américaines et de gagner à leur cause une population importante et des personnalités scientifiques (et la construction du premier musée de la création).
Les liens entre créationnismes et régimes politiques sont faits au fur et à mesure de la démonstration. Les auteurs, comme des sociologues, expliquent les contextes politiques et économiques comme des “systèmes” pour préciser la réciprocité des appuis entre pouvoirs politiques-économiques et créationnistes et pour identifier quelles structures institutionnelles vont leur être favorables car ils deviennent les soutiens idéologiques des pouvoirs en place. Du XIXe siècle à aujourd’hui le créationnisme s’amplifie et cherche à obtenir une emprise dans de plus en plus de pays et dans tous les secteurs de la vie publique et privée.Les auteurs expliquent comment, selon les pays, l'époque, il y a, pour cela, des créationnismes différents quant à leurs formes. Les Eglises chrétiennes doivent adapter leurs “armes” à l'évolution des situations sociales et politiques nationales : changement de forme, mais pas de fonction, ni de principes, ni d’appuis politiques et économiques. Des « littéralistes » aux “new-look” : un projet de société
Les auteurs décrivent les reconstructions de ce mouvement créationniste d'abord aux Etats-Unis, dans les pays européens et comment ce mouvement est approprié par plusieurs courants islamistes. Les créationnistes “évoluent” donc ! De “faux” nouveaux courants sont créés, par exemple en 1990 le nouveau mouvement « le dessin intelligent » (ID Intelligent Design) à l'université de Berkeley, mouvement "pseudo scientifique" qui va connaître une large diffusion et un grand engouement, tout particulièrement en Europe, ce que les auteurs vont expliquer en prenant comme exemple la France. En Europe, l'offensive politique du créationnisme trouve des terrains plus ou moins favorables selon les relais disponibles : structures politiques (favorables Allemagne, Grande-Bretagne, Pologne), institutionnelles et selon l’état des forces laïques. Les offensives des créationnistes sont constantes et multiformes. Des combats sont menés sur tous les fronts, avec les outils les plus efficaces techniquement parlant, comme aux Etats-Unis des musées sont ouverts, d’autres en projet comme celui de la reconstruction d’une arche de Noé en Suisse ! Les créationnistes acceptent les procès et les échecs. Comme l’Hydre de Lerne, on coupe une tête, elle repousse. En France, les créationnistes ont des appuis politiques mais ils vont devoir et savoir se rendre “populaire” et trouver de nouveaux soutiens en agissant comme des acteurs du “marketing social” du fait de la situation politique nationale particulière. En France, pays des associations (loi de 1901), le créationnisme de type « Dessein intelligent » se retrouve en particulier dans les activités de l’ « Université interdisciplinaire de Paris » (: 45) , prolongement de « l'Université populaire de Paris » (1978) et de « l'Université européenne de Paris » (1989), etc., qui sous un nom pour le moins trompeur et sous couvert de la nécessité d'un dialogue entre la science et la religion, met en avant d'illustres scientifiques qui confondent, le plus souvent, « science » et « croyance », « démarche scientifique » et « quête de sens »... Le créationnisme est d’autant plus violent et “new-look”Quand dans les années 1950 les religieuses, en France, durent abandonner leurs costumes, souvent fort voyants, comme les sœurs de St. Vincent de Paul, on parla de bonnes-sœurs new-look avec humour. en France que la bataille peut être difficile car ce mouvement ne devrait pas pouvoir s’appuyer sur le pouvoir politique d’Etat. La séparation de l’Eglise et de l’Etat a permis le développement de la culture scientifique ; la culture matérialiste (sans en prendre le nom) remplace la culture religieuse au sein des organismes publics et dans les secteurs gérés publiquement et déjà plusieurs générations de gens athés ont définitivement abandonné toute référence à une religion quelconque (sans être devenues des hordes). Les acteurs religieux officiels durent accepter l'adhésion de leurs ouailles à ces cultures areligieuses et même, accepter bien des variantes à leurs préceptes, dogmes, croyances, rituels, etc. normalement intouchables.
Les créationnistes ont, en France le soutient normal de personnalités, de groupes politiques, d’associations, traditionnellement intégristes ou non, et de tous ceux qui combattent depuis “toujours” les institutions laïques, le matérialisme, le rationalisme et plus récemment l’athéisme et une certaine évolution sociale. Mais ils doivent casser ces principes laïques de vie et ils ont trouvé de nouveaux outils pour rechristianiser les Français sans se faire assimiler aux intégristes (de toute obédience) politiquement marqués à l’extrême droite. Trouver de nouveaux slogans et de nouveaux acteursLes auteurs expliquent dans la troisième partie « Points communs et méthodes de communication des créationnistes » (p 82) et cela avec force exemples que les créationnismes, des plus détachées de la Génèse au plus « littéralistes », conservent les mêmes principes. Leur démarche est décrite. Ils « défigurent » ce qu'est la connaissance scientifique et tout particulièrement l'évolutionnisme ; ils poursuivent leur dénonciation de la théorie de l'évolution darwinienne, l’assimilant à une idéologie et ils « déplacent la discussion » obligatoirement hors du cadre scientifique vers le « terrain des valeurs morales ». « Les créationnistes évoquent ainsi des considérations morales et sociales pour discuter de la validité d'une théorie scientifique. » (p 83) ce qui leur permet de mettre en avant que leur théorie, à eux est une science et en même temps un modèle de vie. Ils imposent le créationnisme comme un courant scientifique, qu'au nom de la discussion scientifique il faut prendre en compte, enseigner et ils remettent en cause l'universalité des connaissances permises par la démarche scientifique en affirmant « (…) que les vérités théologiques, philosophiques et scientifiques doivent être en accord (…) » (p 84). Ils vont jouer au scientifique et apporter les “preuves” de leurs propos, sans décrire et identifier les réalités, s’appuyant sur des interprétations issues de théories discutables, comme en paléontologie celle de Teilhard du Chardin. Bien au fait de cette “maladie sociale”, qui est le résultat de la diffusion d’idéologies trompeuses politiques, religieuses et de “lobbies abêtissants”, les créationnistes “new-look” ne vendent pas, ils donnent les remèdes pour que chacun dans son individualité restaurée (contre une socialisation dénaturante) guérisse en retrouvant sa nature humaine spécifique, des valeurs morales et un sens à sa vie. Rendre aux hommes leur nature divine (créature de dieu), la seule qui puisse lui permettre de vivre « comme il faut ». L'homme, en effet, ne peut pas appartenir au règne animal (comme l’écrit Darwin et les évolutionnistes !) et il ne peut « évoluer » puisqu’il est destiné (le contraire d’un être social) et que la vie sur terre n’est qu’un passage. Il a donc un statut particulier puisque "crée à l'image de Dieu" :
Les évolutionnistes donneraient aux hommes le droit de vivre selon des instincts animaux et considèrent que leurs pensées, leurs actions seraient des faits sociaux et non des particularités fixes, fixées par Dieu pour chacun. Les hommes sont programmés et ainsi s’ils suivent leur programme, ils se protègent des perversions que les sociétés peuvent leur infliger et atteindre après la mort “le royaume de dieu et des bienheureux”. Les évolutionnistes et les sociétés laïcisées matérialistes ont ôté aux hommes leurs dimensions spirituelles, leurs valeurs morales et le sens de la vie. Pour "rétablir" les hommes dans leur statut particulier, homme de dieu. Les créationnistes utilisent un nouvel outil : établir le pont, pour cela, indispensable, entre science et foi (p 39). Les Eglises, qui n’ont accepté les avancées scientifiques, souvent que par la force, prennent tous les moyens aujourd’hui pour « rapprocher les religions des sciences », Comment ? En considérant les religions comme les aspects “humains”, culturels, spirituels des sciences et en utilisant quelques “grands penseurs” référents scientifiques et humanistes ! Au nom de l'ouverture d'esprit, de la tolérance, de la liberté de conscience, du besoin de spiritualité, très à la mode que n'auraient pas les scientifiques, les rationalistes et qui serait remise en cause par les théories darwiniennes (p 37), il faut réunir sciences et religions !!! un slogan porteur et “marketing”. Des dangers réels, le Vatican, les créationnistes un même combat … politiqueLes auteurs, analysant les différentes positions et les récents agissements de trois associés, le pouvoir politique en place, le Vatican (et des Eglises chrétiennes et islamistes) et les créationnismes, constatent qu’ils ont les mêmes objectifs politiques et sociaux, chacun agissant dans son secteur.
Les auteurs, dans la 4ème partie, « Le créationnisme un enjeu de société », démontrent qu’en France alors que des institutions, des lois, un mode de fonctionnement devraient protéger la France du prosélytisme et du lobbying des structures créationnistes. » (p 101), depuis plusieurs années et de manière accusée aujourd’hui, les créationnistes trouvent des portes ouvertes, grâces aux soutiens politiques, économiques, comme dans plusieurs autres pays, et surtout grâce aux politiques mises en place.
Le deuxième associé, le Vatican (et ses Eglises) qui a fait un retour, comme jamais, sur la scène privée, publique, nationale, internationale et puisqu’il a désormais des appuis très solides dans plusieurs pays européens dont la France, et obtient des garanties de plus en plus importantes quant à la réintroduction des religions dans le domaine public. Le Vatican multiplie ses interventions politiques ; il est ainsi intervenu auprès de membres de “la Commission de la culture, de la science et de l’éducation du Conseil de l’Europe” : « Il y eu une intervention directe du Vatican pour que le rapport ne soit pas signé.(…) (p 120), rapport intitulé « Les dangers du créationnisme dans l’éducation » (Présenté par Guy Langagne). Benoît XVI, prend des positions de plus en plus rétrogrades (réintègre dans l’Eglise catholique un évêque intégriste tout en sachant qu’il est négationniste). Cela n’est pas conjoncturel, que les positions politiques françaises, rencontrent celle du Vatican et celles de l’idéologie créationniste, le troisième associé. Ces trois forces sont associées pour combattre le même. Car elles ont le même projet qui est de gagner une bataille qui est politique, réunir les Eglises et les Etats. Objectifs politiques de ces deux associés bien soutenus par la diffusion de l’idéologie créationniste, propagée sous toutes ses formes, les plus concrètes aux plus insidieuses. Les créationnistes et leurs adeptes ne sont pas des croyants en un "dieu créateur" comme il en existe dans toutes religions, des scientifiques à l’esprit ouvert, de braves citoyens, ce sont les militants internationaux (réunis dans des réseaux), les propagandistes de leurs associés ou plutôt de leurs chefs, le Vatican, ses Eglises, des courants islamistes et les régimes politiques les plus“conservateurs”. Leurs fonctions est de conserver ou des réintroduire les religions dans tous les secteurs de la vie privée et publique, dans tous les pays, et de détruire tous ceux et tout ce qui peuvent ébranler, même de loin, leurs places et leurs pouvoirs politique, sociale et économique. Il s’agit pour les “religions” d’un combat fondamental, sinon pourquoi d’hier à aujourd’hui cette théorie de l’évolution est-elle toujours l’objet de telles attaques ? Des objectifs politiques, ils ont en commun les trois associés : "(…) [le] renversement du matérialisme et de son héritage culturel" (p 21), grâce à la propagation d’"Une théorie [qui] promet de renverser l'étouffante domination de la vision matérialiste du monde et de la remplacer par une science conforme aux convictions chrétiennes et théistes” " Le Wedge Documents" Le Nouvel Observateur Hors série, déc. 2005 janv. 2006. (p 18). Pour cela il y a une “diabolisation” de la théorie darwinienne qui "désacralise l'homme" et l'assimilation de Darwin aux « tueurs » des créationnistes tels que : « Lénine, Freud, Staline, Hitler, le chanteur Marilyn Manson et un tueur en série ». Diabolisation interconfessionnelle car “les terroristes d'aujourd'hui "auraient reçu une éducation darwiniste-matérialiste" (: 85). Et, Dambricourt-Malassé peut écrire ( : 84-85): "(…) il est temps dénoncer l'imposture intellectuelle du matérialisme (…) [se libérer d'] une idéologie qui ne se justifie que par le combat, un nouveau Mein Kampf, à bien y regarder."In : La légende maudite du vingtième siècle. L'erreur darwinienne, Edition Nuée Bleue 2000 Le titre "Les créationnismes Une menace pour la société française ?" correspond parfaitement aux propos des auteurs qui de manière originale expliquent que les créationnismes sont, comme le sont les Eglises et les religions, des pouvoirs politiques et sociaux. En expliquant cela, les auteurs apportent une démonstration anthropologique de ce que sont les religions, principalement les religions monothéistes, ne se laissant pas abuser par cette tendance un peu générale, même sous la plume de défenseur de la laïcité, ne voulant voir en celles-ci que des outils de spiritualité humaine acceptable, ce que veulent faire croire précisément ces nouveaux guerriers. Les Eglises, en perdant leurs dogmes fondamentaux, qui sont déjà mal menés depuis des siècles, savent, et tous ceux qui les soutiennent aussi, que disparaissent les fondements des structures socio-politiques et des rapports sociaux qu’ils ont permis de mettre en place et qu’elles veulent maintenir, voir être adoptées par un plus grand nombre. Le Vatican est, comme les marchands de poisson, un bon ethnologue qui sait utiliser la méthode du “fait social total” de Marcel MaussMarcel Mauss, ethnologue, 1872 1950, fut professeur au Collège de France, son œuvre est une base essentielle ; il fut aussi un militant politique, collaborateur de Jaures à L’Humanité. Afin de soutenir leur démonstration et de l’enrichir les auteurs apportent de nombreuses références de scientifiques, tout particulièrement celles de Patrick Tort et Guillaume Lecointre. Ils terminent leur ouvrage en reproduisant quatre discussions qu’ils ont eu avec quatre scientifiques et néanmoins politiques : Guy Lengagne, Corinne Fortin, Jean Baptiste de Panafieu et Richard Monvoisin. Ce livre, conclusion personnelle, apporte une multitude de connaissances qui obligent le lecteur à réfléchir à une multitude de sujets, qu’il a envie d’approfondir car il a envie de comprendre … Ce livre apporte une multitude de connaissances qui vont pouvoir alimenter les discussions que chacun peut et doit avoir aujourd’hui avec son entourage. |






