| 10+1 QUESTIONS A Bertrand MONTHUBERT |
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| Écrit par Hélène Langevin-Joliot et Marcel Bohy | |
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Bertrand Monthubert, En cents pages d'un texte simple et clair, un enseignant-chercheur répond à 11 questions de P-L séguillon qui abordent tous les grands aspects de l'état actuel et surtout, peut-être, de l'avenir de la recherche scientifique dans notre pays. Le monde de la recherche scientifique est tout à la fois vaste et complexe, par l'éventail des ses domaines de gestion. Bertrand Monthubert, mathématicien, a été un des principaux animateurs du mouvement lancé par « Sauvons la recherche » début 2004, pour dénoncer les carences de la politique de recherche française, en particulier le manque de poste pour les jeunes chercheurs. Au delà de la protestation, le mouvement s'est poursuivi par un intense travail de réflexion sur les rapports entre les universités et les centres de recherche, l'évaluation des projets et des chercheurs, les postes et les moyens financiers indispensables, entre autres questions. Des propositions concrètes ont été dégagées lors des Assises de la recherche qui ont réuni à Grenoble des personnalités comme le président de l'Académie des sciences d'alors, Édouard Brézin, des responsables d'unités de recherche ou d'université, des chercheurs et enseignants-chercheurs, des représentants syndicaux. On verra, à travers les réponses données par Bertrand Monthubert aujourd'hui aux questions de Pierre-Luc Séguillon que des propositions des Assises n'ont pas été retenues et comment certaines ont été détournées. On trouvera dans ces réponses les raisons de l'inquiétude et de la défiance exprimée envers l'orientation de la politique de recherche actuelle. Certes, Bertrand Monthubert n'a pas la même expérience directe de la recherche privée que de la recherche publique, en particulier de la recherche fondamentale. La place et le rôle des brevets diffèrent bien évidemment dans les deux secteurs et plus encore leurs avantages ou leurs dangers en informatique, en physique ou en biologie. Bertrand Monthubert conteste la nouvelle politique de financement des laboratoires qui réserve l'essentiel des moyens à des projets sur trois ans répondant à des appels d'offre sur des thématiques affichées au détriment des programmes de recherche fondamentale à plus long terme. L'auteur souligne avec juste raison que « le développement de la recherche fondamentale est une condition nécessaire à celui de la recherche appliquée ». L'exemple de la machine à vapeur cité en appui n'est pas très convaincant, et celui des cadres de vélo « en nanotubes de carbone » un peu anecdotique. Entre bien d'autre, le développement des catalyseurs métallocènes pour la polymérisation stéréospécifique, celui de l'électricité ou de la génétique pour la production d'insuline humaine auraient peut-être été meilleurs. Ces quelques remarques ne sauraient occulter la qualité des analyses faites, en particulier en réponse aux trois dernières questions : sur l'évaluation des chercheurs, la légitimité de la recherche et la situation future de celle-ci dans notre pays. Sans apporter, et pour cause, de solutions uniques et définitves au problème de la gestion scientifique et économique de la recherche de notre pays, ce livre apportera des éléments d'information et de réflexion utiles à celui qui s'intéresse à cet aspect fondamental de l'évolution de notre société.
1 – Être chercheur, est-ce un métier ?
Bertrand Monthubert a 36 ans, il est mathématicien et préside « Sauvons le recherche » lancé en 2004.
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