| L’Union rationaliste et la visite de Benoît XVI |
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| Écrit par le bureau de l’Union Rationaliste | |
| 14-09-2008 | |
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La visite de Benoît XVI est accompagnée par une campagne politique et médiatique pour une « laïcité positive » laissant le champ libre aux interventions de l’Eglise catholique, et plus généralement des religions, dans l’espace public. Le rassemblement laïque international du Dimanche 14 septembre, placé sous l’égide de l’Union internationale humaniste et laïque, vise à contrer ces ambitions. Une trentaine d’associations de différents continents y appellent. Les quatre associations françaises adhérentes à l’IHEU qui en avaient lancé l’initiative : La Libre Pensée, la Ligue de l’enseignement, l’Union rationaliste et le Mouvement Europe et laïcité en ont défini en commun les mots d’ordre
Il
était important que nous nous rassemblions autour de mots d’ordre
clairs, adaptés à la réalité d’aujourd’hui, où l’avenir de
la laïcité en France est étroitement lié à celui de la laïcité
en Europe en particulier. Les objectifs de l’Union rationaliste se regroupent autour de deux axes majeurs : -La défense du rationalisme, de la démarche scientifique et du rôle de la raison dans l’aventure humaine
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la défense de la laïcité, qui en séparant l’Etat et les religions,
met la société civile en mesure d’exercer ses choix hors des contraintes
idéologiques que celles-ci voudraient imposer. Elle a donc partie liée
pour nous avec celle de la prééminence de la raison sur les idéologies
qui prétendent imposer leur pouvoir.
La
laïcité est attaquée, non seulement par des représentants directs
des religions, Benoit XVI en particulier, pour conquérir ou reconquérir
le pouvoir d’intervenir dans les affaires des citoyens, mais aussi
par les pouvoirs politiques eux-mêmes : pouvoirs politiques eux-mêmes.
Il est grave que l’activisme du Président de la République en faveur
des religions, la religion catholique en tout premier lieu, n’ait
rien à envier à celui du Pape.
Les
ambiguïtés et les hypocrisies déployées au fil du siècle dernier
pour contourner la loi de 1905 dans de multiples domaines ont fini par
créer la confusion, y compris sur les principes mêmes. Il nous faut
faire la clarté sur les mesures qu’elle implique conformément à
la tradition républicaine. Nous pensons cependant que face à cette
situation dangereuse, il ne suffira pas de s’opposer radicalement
à de nouveaux aménagements de la loi de 1905 en France, ni de supprimer
des Traités ou accords européens la référence au rôle spécial
des Eglises et les pratiques qui en découlent. Il faut selon nous engager
la bataille des idées en replaçant la laïcité au centre de questions
majeures en ce début de siècle. Nous en retiendrons deux qui nous
préoccupent particulièrement..
Les
attaques contre la laïcité s’effectuent dans un contexte d’interrogations
sur les conséquences des avancées scientifiques et techniques Le fait
avéré qu’il n’y ait pas de relation linéaire entre progrès scientifique
et progrès de la société sert de prétexte à certains pour attribuer
à l’apport des Lumières et au rôle donné à la raison les désastres
du siècle passé et les menaces actuelles. Ils oublient que la science
a rendu possible, malgré d’insupportables inégalités, l’allongement
de l’espérance de vie et l’amélioration du niveau de vie. Le « Grenelle
de l’environnement », a donné un exemple de telles incompréhensions,
en tenant à l’écart les communautés scientifiques en tant que telles.
La laïcité s’est imposée au début du siècle dernier parallèlement
à la reconnaissance de l’importance du progrès scientifique et des
espoirs qu’il ouvrait pour répondre aux attentes de la société.
Elle a besoin aujourd’hui d’une refondation des rapports de celle-ci
avec la science.
Le
rôle du progrès des connaissances dans l’évolution des modes de
pensée et des exigences éthiques est trop méconnu. Mettre en rapport
l’histoire des idées et les progrès de la science, c’est prémunir
la société contre les tentations obscurantistes, c’est battre en
brèche le concept d’une morale révélée, supérieure à toute morale
d’essence humaine, produit de l’histoire. Les réformes en cours
dans l’enseignement juxtaposent au contraire une culture scientifique
à vocation utilitaire, dépouillée de son rôle de formation à l’esprit
critique, et une culture humaniste faisant une large place aux religions
et ignorant la science. Nous voulons faire prévaloir une culture humaniste
intégrant la culture scientifique et les valeurs de la laïcité.
Telles sont en résumé les
idées que l’Union rationaliste compte exprimer lors du rassemblement
de Dimanche, comme contribution à la campagne engagée en commun et
à poursuivre pour la laïcité.
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