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L’actualité
est riche en évènements qui interpellent sur les références qui tendent
à s’imposer à notre époque. Citons en quelques unes, d’un jugement
sur le divorce au rappel à l’ordre de la commission Copé.
Comment
ne pas être stupéfait et indigné en apprenant qu’il s’est trouvé
un tribunal français pour annuler un mariage au motif que la
jeune mariée aurait menti sur sa virginité ! Et de se référer à
un jugement prononcé au dix-neuvième siècle comme explication. Ce
serait risible, si ce n’était pas si grave. C’est encourager les
jeunes musulmanes à se précipiter dans les hôpitaux pour retrouver
le droit au « respect » du futur mari et de la communauté. C’est
donner droit en France à des préjugés ancestraux et risquer de les
promouvoir. Pour éviter de critiquer ce jugement scandaleux on nous
exhume des exemples d’autres motifs d’annulation ou de divorce relevant
de l’intimité : il serait temps de « dépoussiérer » la jurisprudence,
sauf à faire du mariage une pratique d’expression des intégrismes.
On
réforme ou on veut réformer beaucoup par les temps qui courent. On
pourrait s’en réjouir si ne s’imposait pas le sentiment que ces
réformes, loin d’être élaborées à partir d’une analyse rationnelle
des difficultés à surmonter et des conséquences de différentes options,
sont sous- tendues d’abord par une vision idéologique : plus de « souplesse »,
plus de compétition, moins de coopération, moins de solidarité. On
trouve la marque de cette idéologie, avec la méfiance envers le collectif
et la démocratie, l’accent mis sur le court terme, la désinvolture
envers le long terme, aussi bien dans la réforme des universités que
dans celle en marche pour la recherche et notamment le CNRS. L’inquiétude
qui se manifeste sur l’avenir du Palais de la découverte dans l’hypothèse
d’une fusion avec la Cité des sciences et de l’Industrie n’aurait
peut- être pas lieu d’être si l’importance de la recherche fondamentale,
dont la présentation est l’axe majeur du Palais, était clairement
affichée et si les recherches d’économies ne se concentraient pas
systématiquement sur la fonction publique et les entreprises d’intérêt
collectif.
La
suppression de la publicité dans l’Audiovisuel public.est un autre
exemple de débat engagé dans cet esprit.
Il
faudrait, proclame le Président de la République que le service public
« marque davantage sa différence et s’efforce de tirer vers le haut
un paysage audiovisuel que la gravité naturelle entraîne vers le bas ».
On voudrait applaudir : Les Français passent en moyenne plus de trois
heures devant le petit écran. La qualité de ce qu’ils regardent
est essentielle à la démocratie comme à la culture. Comment atteindre
l’objectif fixé ? A supposer que l’objectif d’une « nouvelle télévision »
ne soit pas un leurre, ce sur quoi on peut s’interroger, les idées
ne se bousculent pas en haut lieu sur ce qu’il convient de faire.
On met donc une commission au travail. Il faut trouver des ressources
importantes. Nombre de professionnels s’inquiètent : le basculement
vers le privé des 780 millions d’euros de ressources publicitaires
du public, est-ce bien « raisonnable » alors que Nicolas Sarkozy a affiché
sa volonté de ne pas augmenter la redevance ? Alors qu’il n’est
pas dans la ligne des règles européennes de taxer des opérateurs
privés pour dégager des fonds dans l’intérêt collectif ? Cette
semaine, la commission « Copé » vient d’être rappelée à l’ordre
pour avoir oser envisager de relever la redevance, une des plus faible
d’Europe, ne serait ce que pour rattraper l’inflation depuis 2002.
Survivra t elle ?. Question à suivre. Nous avons pour notre part souligné
la nécessité de doter une nouvelle télévision publique des moyens
pérennes importants sans lequel on s’acheminerait vers une dégradation
irréversible, avant d’aborder quelques problèmes plus spécifiques
dans un court mémorandum à l’intention de la commission.
Une
conception largement dominante, qui fait de la science un domaine extérieur
à la culture générale, prévaut aussi à la télévision où de surcroît
l’appel à l’émotion réduit le rôle de la raison et de l’esprit
critique à la portion congrue. Toutes les missions de l’audiovisuel
public sont concernées à des degrés divers par cette situation anachronique
et dangereuse.
Nos
suggestions portent sur le développement d’émissions scientifiques
de qualité en beaucoup plus grand nombre, sur la place de la science
dans des émissions généralistes, sur les innovations nécessaires
dans la manière de traiter les débats de société, enfin sur le développement
des contacts entre scientifiques et journalistes.
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