| Faire plus et mieux appel à la raison |
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| Écrit par Le bureau de l’Union Rationaliste | |
| 18-06-2010 | |
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Sommes nous entrés dans une nouvelle période, particulièrement chaotique, de l’histoire ? C’est en tout cas l’impression que dégage la lecture des journaux. Il n’y a pas si longtemps il n’était question de toutes parts que de mesures plus ou moins lourdes de régulation des marchés et de « moralisation » de la finance. On ne les a guère vues venir. Aujourd’hui, il n’est plus question que d’une réduction accélérée des déficits publics en Europe, seule capable de « rassurer les marchés ». L’Union rationaliste n’a certes pas vocation à élaborer une doctrine économique, mais pour le moins il nous semble qu’il faudrait raison garder : l’irrationalité, pour ne pas dire l’avidité des marchés, étant à l’origine de la crise, il serait inconséquent de tenir leurs avis pour déterminants face aux enjeux de sortie de crise. Le niveau des déficits est certes préoccupant, mais le taux de chômage, la généralisation du travail à temps partiel et de la précarité ne le sont pas moins. Ces derniers facteurs, de surcroît, ne sont-ils pas aussi des sources majeures d’accroissement des déficits publics ? N’induisent-ils pas des drames humains et une déstructuration de la société proprement inacceptables à l’époque actuelle ? Une première exigence, si l’on veut raison garder, est de ne pas se payer de mots, sans analyser leur sens véritable. « Restaurer la compétitivité » de l’Europe, de la Grèce, de telle entreprise serait la voie à suivre : chacun sait pourtant que dans une compétition les premiers ne sont les premiers que parce qu’il y a des derniers, ce que de bons esprits n’ont pas manqué de faire remarquer à l’Allemagne ces temps derniers. Est-il rationnel de s’inquiéter des dérives de la « productivité » plus que de celles de la « compétitivité » ? Une deuxième exigence consiste à appréhender la réalité dans un champ suffisamment large pour être pertinent, et à évaluer les conséquences de choix possibles non à court mais à moyen et long terme. Le ministre de l’Education nationale ou ses services seraient bien inspirés de revoir de ce point de vue les fiches qu’ils ont récemment envoyées aux recteurs d’Académie : celles-ci égrènent les nombreuses recettes (13 pour être précis) qui devraient permettre le « gain » de 16 000 emplois par non renouvellement de postes de fonctionnaires partant à la retraite dans l’enseignement. 40 000 postes ont déjà été supprimés depuis 2008 et l’exercice visant au non remplacement d’un fonctionnaire sur deux est de plus en plus difficile « sans porter atteinte à la qualité de l’enseignement » ! On peut consulter les fiches en question sur le site du ministère. Personne ne niera qu’il puisse y avoir, ici ou là, des pistes à explorer. Mais peut-on par exemple tabler sur la diminution en cours du taux de scolarisation moyen des enfants de deux ans sans référence aucune aux offres alternatives et aux besoins globaux ? Le discours sur le « gain d’emploi » que peut fournir l’augmentation du nombre d’élèves par classe n’est pas moins surprenant. Quant aux « gains » qui peuvent résulter des regroupements de classes ou de groupes jugés trop peu nombreux, ils ne prennent guère en compte la transformation de la gestion des lycées et collèges en usine à gaz. Le regroupement d’écoles rurales est une question à entrées multiples : l’une d’elles est le respect de la laïcité, qui doit rendre chacun vigilant : ce peut être un prétexte rêvé pour l’application de la loi Carle ou même pour une fusion public-privé s’inscrivant dans les règles de ce dernier. La raison, hélas, est absente de nombre d’affrontements dans le monde, et ceci se paye en vies sacrifiées, en conflits sans fin bloquant tout avenir de développement pour des peuples entiers. Comment ne pas considérer aussi de ce point de vue la situation à Gaza et l’avenir des relations israélo-palestiniennes ? La première flottille des humanitaires a été arraisonnée comme on sait par les commandos israéliens dans les eaux internationales avec une violence responsable de plus de dix morts. Cet acte de piraterie, contraire au droit international, a été largement condamné, y compris par une partie de l’opinion israélienne. Pire qu’un crime, c’est une faute qui a mis en pleine lumière l’impasse dans laquelle le gouvernement israélien s’enferme : le blocus imposé aux 1,5 millions de Palestiniens habitant le territoire de Gaza au motif de la domination du Hamas, reste une punition collective contraire au droit. Il n’a fait que renforcer la position du Hamas au lieu de l’affaiblir. Nous écrivions après la guerre de Gaza, il y a un peu plus d’un an : « Les approches asymétriques de la paix privilégient la sécurité d’Israël d’abord, le droit des Palestiniens à un Etat viable ensuite : elles ont fait la preuve de leur caractère pervers en contribuant à renforcer les extrémistes des deux bords. » Depuis, la situation s’est encore aggravée sans que la réprobation de la communauté internationale s’exprime autrement que par des mots. Espérons que la mise en cause du blocus conduira, non à de nouveaux affrontements, mais à une négociation de paix dans le respect des droits de chacun.
Pour le bureau de l’Union rationaliste, |






