| Sujets de préoccupations, sujets d’interrogations |
|
|
| Écrit par le bureau de l’Union Rationaliste | |
| 07-12-2007 | |
|
Les sujets de préoccupations ou d’interrogations
ne manquent pas en cet automne 2007. Après le Grenelle
de l’environnement, sur lequel nous reviendrons, la reforme
des régimes spéciaux de retraite (en attendant
celle du régime général ?), celle de la
carte judiciaire ou la loi dite d’autonomie des universités
qui bouleverse l’enseignement mais aussi la recherche
(voir les documents sur le site) concernent, bien au-delà
de catégories particulières, l’ensemble
de la société.
Les discussions enclenchées par le mouvement
de grève dans les transports, les démonstrations des magistrats
ou celles des étudiants dans la rue le montrent bien. Le pouvoir
d’achat s’impose comme une préoccupation majeure des
français. Il est reconnu insuffisant pour que les couches de la population
les plus modestes puissent faire face à la hausse des prix de l’alimentation,
du logement ou des transports. On peut douter que la nature des réponses
apportées fasse reculer les inquiétudes.
L’Union rationaliste n’apporte bien évidemment pas de réponses toutes faites à cet ensemble de problèmes. Mais nous affirmons que le libre examen du réel par les citoyens, l’échange et les confrontations des arguments qui en résultent sont nécessaires à l’élaboration de solutions répondant aux défis de notre époque. Loin de sacraliser une pseudo- rationalité économique, nous mettons dans l’exercice de la raison en démocratie nos espoirs d’amélioration de la qualité de vie de tous en France et dans le monde. L’espérance, justement, est l’objet de la récente encyclique du Pape Benoit XVI. C’est peu dire que les idées qui y sont défendues contredisent nos convictions rationalistes et laïques. Le pape s’adresse à tous, bien au-delà des cercles croyants pour dénoncer « des espérances fallacieuses » suscitées par les idéologies séculières: le progrès, le marxisme, le positivisme, l’individualisme, pour faire en vrac bonne mesure. Le texte utilise l’identification du progrès scientifique et du progrès, telle que véhiculée par le scientisme, pour faire le procès de l’élaboration par les hommes eux-mêmes au fil des siècles des conditions de leur émancipation, non seulement matérielle mais aussi spirituelle. Il dénonce avec le matérialisme et l’athéisme « la prétention, présomptueuse et fondamentalement fausse, de l’homme ». pour conclure qu’un monde sans Dieu est un monde sans espérance. Libre à chacun de penser l’espérance à sa manière. Mais la prétention du Pape a revendiquer l’exclusivité de l’espérance ou à dénoncer « un monde qui doit se créer lui-même sa propre justice » est inacceptable, ne serait ce qu’au regard des responsabilités de la papauté dans les fanatismes des siècles passés. Elle ne peut que renforcer notre opposition et celles de tous les laïques et des humanistes à la reconnaissance d’un droit spécial des Eglises à être entendues par les institutions européennes. Nous avions demandé la suppression de l’article 52 de la défunte Constitution qui reconnaissait ce droit. Nous demandons l’abrogation du même texte repris dans l’article 15 du « Traité simplifié ». Il faut bien constater que la laïcité en France même, fût elle consacrée par la Constitution et célébrée dans les mots est « grignotée » dans les faits. Le récent rejet par l’Assemblée nationale d’un amendement visant à supprimer l’obligation de financement par les communes (article 89 de la loi de décentralisation) des élèves scolarisés dans les écoles privées hors de leur périmètre en est un témoignage récent et inquiétant. |






