| Réagissez au discours de Nicolas Sarkozy au Latran ! |
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| Écrit par Le bureau de l'Union rationaliste | |
| 21-01-2008 | |
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Page 4 sur 6 Monsieur le Président de la République, Comme beaucoup de nos concitoyens je suis consterné par vos déclarations successives à Rome et en Arabie Saoudite qui remettent en cause le délicat processus de réconciliation entre Français de toutes opinions mis en œuvre en 1905 et sapent les efforts de ceux qui s'efforcent de bannir le communautarisme de notre vie collective. Vous n'avez pas hésité à mettre en avant le rôle des religions en faveur de la civilisation en Arabie Saoudite, un pays qui, au nom de la religion, incarcère la moitié féminine de sa population et applique à tous un système social et pénal incompatible avec nos principes humanistes fondamentaux. Vous pouvez penser à titre personnel que les grandes religions ont contribué à l'édification de notre civilisation mais d'autres, c'est mon cas, voient aussi que les religions ont été, et sont encore, des idéologies qui conduisent à l'intolérance, à des massacres, voire à des génocides. Si votre avis et le mien diffèrent quant aux rôles des religions comme source de la morale et de l'humanisme, l'esprit de nos institutions a bien été de ne pas trancher publiquement et de laisser à la sphère privée ces divergences d'opinion. Enfin vous avez exalté le sacrifice du prêtre, élevé au-dessus de la mission de l'instituteur. Or l'histoire de notre pays est faite de tant de nos concitoyens pour qui l'école de la République a été la porte d'un épanouissement personnel qui leur était a priori interdit ; combien de prêtres, pasteurs, imans, rabbins, peuvent-ils se prévaloir d'en avoir fait autant ? Bref la laïcité est une source de liberté fondamentale en France et vos propos sont parfaitement contraires à ce qui fait la force de la civilisation de notre pays. Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'assurance de ma haute considération. Edouard Brézin, Membre de l'Institut |






