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De l'identité nationale à la burqa |
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Écrit par Bernard Graber
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05-02-2010 |
Le débat sur l’identité nationale n’est pas terminé que déjà la burqa s’avance.
La position rationaliste est de tenter de mettre un peu d’ordre dans le grand brassage d’idées et d’opinions en cours en s’efforçant de laisser ses convictions au vestiaire, sans y renoncer pour autant. Il en est une qui ne peut pas être tue, c’est la répugnance qu’inspire le port de la burqa, marque infâmante de la soumission de la femme, ou plutôt de son annihilation, reliquat d’une société patriarcale archaïque où beaucoup se refusent à voir un précepte d’une religion à vocation universelle. Le fait que des victimes se satisfont de leur sort, à moins de bénéfices secondaires particuliers, traduit seulement la vulnérabilité des individus à la pression sociale.
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Les ondes éléctromanétiques sont dangereuses ! C’est le Parlement européen qui le dit ! |
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Écrit par Michel Spinner
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05-11-2009 |
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Ces braves gens se sont longuement penchés sur la question. Longues discussions en commission rapport et vote. Le rapporteur est une dame pas idiote du tout, mais qui, comme tous les autres, comme tout le monde, pratique le principe de précaution. Je vous donne sa conclusion telle qu’elle paraît dans les comptes rendus : « En guise de conclusion, la rapporteure (sic) souhaite mettre l'accent sur les nombreux documents dont elle a pu prendre connaissance et qui précisent que les compagnies d'assurance refusent généralement de couvrir le risque en responsabilité civile concernant les champs électromagnétiques. Connaissant la capacité des assureurs a évaluer tout type de risque et a parier sur l'avenir, on est en droit de s'interroger sur les raisons qui les motivent à appliquer à leur façon le principe de précaution. » Résultat du vote de la commission, à la date du 17 février 2009 : pour 43, contre 1, abstention 3 En séance plénière, cela donne : adopté : pour 559, contre 22, abstention non dit |
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Le pape dénonce la sorcellerie et la croyance aux fétiches |
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Écrit par Gerhardt Stenger
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23-03-2009 |
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Le pape a terminé son voyage par la dénonciation de la sorcellerie : « Tant d’entre eux vivent dans la crainte des esprits, de pouvoirs pernicieux et menaçants », a expliqué Benoît XVI dans son homélie. Il a ensuite exhorté les catholiques à ramener au bercail les « brebis égarées » de l’Église en leur expliquant que « le Christ a triomphé sur la mort et sur tous ces pouvoirs occultes ». On n’aura pas l’inélégance de rappeler ici les innombrables procès en sorcellerie entre le 15e et le 18e siècle, dont on ose croire que même le catholique ou protestant le plus intégriste qui soit n’approuve plus le bien-fondé aujourd’hui. Or si des dizaines de milliers de sorciers – et surtout de sorcières – ont fini leur vie sur le bûcher, c’est bien par ce qu’ils étaient réputés avoir conclu un pacte avec le diable, pouvoir occulte s’il en est. Mais passons.
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Point de vue rationaliste sur l’euthanasie |
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Écrit par Bernard Graber
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01-01-2009 |
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Communication au Colloque sur
la fin de vie de l’Association française d’échanges et d’initiatives
le 15 décembre 2008 à Paris,
mairie du XVIe.
Le rationalisme, tel que nous
le concevons à l’UR, n’est pas une religion. C’est une attitude,
une disposition d’esprit qui se résume en une recherche d’objectivité
telle qu’elle est contenue dans des locutions comme : « Réfléchir
avant d’agir » ou « Est-ce un bien, est-ce un mal, c’est un fait ».
On s’aperçoit que ces préceptes de bon sens, soigneusement respectés
par chacun dans sa vie de tous les jours, sont souvent oubliés
dans les débats de société où parlent haut ces deux grands ennemis
de la raison pratique que sont le dogmatisme et l’utopie.
Le premier temps de la démarche
rationnelle est l’exposition objective des faits, la réponse à la
question : « de quoi s’agit-il ? » L’une des premières fautes contre
l’esprit est de déformer la réalité quand elle contrarie ses convictions
pour ne pas avoir à se remettre en cause. Cette attitude, qui serait
funeste aux scientifiques et à la science, n’est pas bonne non plus
pour la conduite de la société.
Le second temps de la démarche
est de faire la part des influences qui peuvent s’exercer au moment
de la décision.
En matière d’euthanasie,
la recherche de l’objectivité dans l’examen des faits conduit à
envisager deux situations distinctes : l’euthanasie administrée et
le suicide assisté.
Dans l’euthanasie administrée,
qui est très répandue quoique le plus souvent clandestine, la question
n’est pas de savoir s’il faut mettre fin à une agonie interminable
ou conclure une mort déjà survenue depuis longtemps chez l’individu
lui-même et dans la conscience de ses proches, mais de savoir à qui
en attribuer la mission.
Dans le suicide assisté, au
contraire, il s’agit de savoir si l’on doit répondre ou pas à
la volonté clairement exprimée d’un sujet accablé qui renonce à
survivre et qui réclame l’aide de la société pour mettre fin à
ses jours. La question est ici de savoir où faire porter cette aide
: en se pliant à la volonté du patient ou en l’amenant à renoncer
à son projet de mort.
L’euthanasie administrée concerne les morts cérébrales ou
comas dépassés et les agonies très longues et pénibles de sujets
complètement inconscients. La responsabilité de cette euthanasie appartient
aujourd’hui à l’équipe médicale, avec ou sans consultation des
familles à qui l’on peut souhaiter éviter le poids d’une décision
culpabilisante. Les situations sont toutes particulières et doivent
être abordées avec beaucoup de tact et d’intelligence. Les non-dits
sont indispensables aussi bien pour les familles que pour les médecins
eux-mêmes qui ont toujours refusé par la voie de leurs représentants
qu’on leur attribue une fonction de mort alors que leur rôle est
de protéger la vie et aussi pour les pouvoirs publics tout disposés
à fermer les yeux du moment qu’il n’y a pas scandale public et
qui préfèrent de beaucoup ne pas avoir à légiférer sur les sujets
sensibles. Les gestes sont d’ailleurs très rarement des gestes proprement
mortifères ; ce sont des gestes d’apaisement, le plus souvent une
augmentation des doses de calmants qui n’ont pas besoin de dépasser
le seuil dangereux chez des sujets très affaiblis.
Une députée d’un groupe
de réflexion sur la modification de la loi Léonetti, l’UMP Henriette
Martinez, vient d’évoquer des similitudes entre la fin de vie et
l’avortement : "Nous sommes dans la mort clandestine comme nous
étions dans l'avortement clandestin avant [la loi Veil de] 1975".
En effet, en matière d’euthanasie comme d’avortement avant 1975,
la loi n’est pas appliquée et la clandestinité, qui est tolérée,
est dangereuse et inégalitaire.
La loi Leonetti du 22 avril
2005, surtout motivée par l'affaire Humbert, a fait un premier pas
en introduisant la notion d'acharnement thérapeutique auquel il est
devenu légitime de mettre fin en autorisant les soignants à débrancher
les appareils d’assistance et à retirer les sondes d’alimentation,
ou à ne pas opérer, ou à ne pas tenter de nouvelle stratégie thérapeutique.
Ce premier pas n’a pas tout
réglé comme devait bientôt le montrer le cas d’Hervé
Pierra, jeune homme de vingt-neuf ans plongé dans un coma dépassé
depuis 8 ans, trachéotomisé et nourri par une sonde gastrique que
ses parents ont demandé de retirer comme la nouvelle loi l’autorisait.
En l’absence de geste sédatif associé que la loi n’imposait pas
et que l’équipe médicale ne s’était pas résolue à pratiquer,
le jeune homme mit six jours à mourir de soif et ces six jours furent
pour les malheureux parents ‘au lieu du temps du deuil le temps de
l’horreur’, comme l’a écrit leur avocat, en face de leur fils
agité de convulsions quand bien même ils savaient, sans en être cependant
tout à fait sûrs, qu’il ne souffrait pas. C’est de toute cette
violence autour de la mort, la sienne ou celle d’un être cher, que
ne veulent pas ces parlementaires et les membres de l’Association
pour le droit de mourir dans la dignité qui réclament du législateur
le courage d’une loi claire sur la fin de vie.
Le suicide assisté est la seconde situation à envisager
à propos de l’euthanasie. Elle a été l’occasion des débats les
plus vifs notamment dans les affaires très médiatisées de Vincent
Humbert et de Chantal Sébire.
Il faut bien s’entendre.
D’abord, le suicide n’est pas interdit par la loi et personne n’est
sanctionné pour avoir essayé de se tuer. Ensuite, il ya des suicides
qu’il faut tout faire pour prévenir : ceux de la dépression nerveuse
où le suicide est connu comme la plus redoutable des complications
à empêcher par tous les moyens thérapeutiques à notre disposition,
et ceux de la jeunesse où le suicide, véritable fléau social, est
la première cause de mortalité chez les 25-34 ans et la seconde après
les accidents de la route dans la décennie précédente. Ces suicides
de jeunes traduisent un profond mal-être qui peut tenir à des causes
opposées : absence de normes (anomie de Durkheim) ou excès des contraintes,
réelles ou supposées (suicides des adolescents qui se découvrent
homosexuels), ou par sous-estimation de soi ou par idéalisme et refus
d’une société jugée inacceptable. Le taux de suicide des jeunes
juge une société.
L’assistance au suicide est,
légalement, assimilée à un homicide mais cette disposition semble
de moins en moins applicable. Un jeune homme de 23 ans vient d’être
condamné à quatre ans de prison dont trois avec sursis pour avoir
aidé une adolescente à se suicider en lui transmettant sur Internet
des conseils sur les produits à utiliser et la manière de falsifier
une ordonnance. Le juge a sanctionné de la peine maximale le délit
de non-assistance à personne en danger mais n’a pas retenu le chef
d’inculpation d’incitation au suicide pour la raison, comme l’a
dit récemment dans un forum du Monde Jean Leonetti, alors même que
cette disposition n’est pas explicite dans sa loi, que, le suicide
ne constituant pas une infraction, "le fait de fournir à quelqu'un
qui a la volonté de se suicider les moyens de le faire", n'est
pas pénalisable. Seul le délit de provocation, et non plus seulement
d’assistance, au suicide peut être poursuivi et il n’était pas
avéré dans ce cas d’une jeune fille fermement décidée à se supprimer ;
pas plus que n’était coupable de provocation le Pr Schwartzenberg
quand il déposait sur la table de nuit de ses patients cancéreux en
phase terminale les produits nécessaires à l’accomplissement d’un
geste parfaitement voulu.
Mais que peut vouloir dire
« fournir les moyens de se suicider à quelqu’un qui a envie de le
faire » sinon mettre le produit létal dans la bouche ou l’injecter
dans les veines, dans un cas comme celui de Vincent Humbert,
22 ans, complètement paralysé, muet et presqu’aveugle à la suite
d’un accident de la route, qui avec les seuls mouvements d’une phalange
de pouce est arrivé à écrire, y compris au président de la République,
pour supplier qu’on lui permette de mourir et n’a essuyé que des
refus jusqu’à ce que sa propre mère fasse les premiers gestes pour
suivre sa volonté bientôt complétés par ceux du médecin, tous deux
mis en examen avant un non-lieu au motif, dixit le procureur, qu’il
convient de ‘se fonder sur l'élément moral de l'infraction et non
pas sur l'élément matériel et légal’, bel exemple de détournement
de la loi pour éviter un procès difficile, que réclamait pourtant
Marie Humbert.
Ce n’était pas le cas de
Chantal Sébire, cette femme de 52 ans défigurée par une tumeur
maligne de la face qui avait décidé de mettre fin à ses jours. Elle
était capable de le faire d’elle-même mais elle demandait qu’on
lui procure les produits pour y parvenir, sans compromettre son entourage
ni utiliser les moyens du pauvre : la pendaison, la défénestration,
la noyade ou les rails du train ou du métro. Ce qu’elle souhaitait,
au fond, c’était l’aide de la société au moment de franchir cette
ultime et considérable étape de son existence qu’elle ne voulait
pas accomplir dans la solitude et la clandestinité. Qui peut lui contester
ce droit et au nom de quel principe, impératif moral catégorique (on
doit, on ne doit pas) ou principe de précaution social (où s’arrêtera
la licence de tuer si on autorise cette entorse ?), qui méritent l’un
comme l’autre d’être regardés à deux fois avant d’infliger
en leur nom à un être aussi durement frappé cette ultime marque d’irrespect.
Bien sûr, chacun connaît
l’admirable institution des services de soins palliatifs dont l’objectif
est d’offrir à leurs patients un répit après leur longue bataille
contre la maladie et de leur permettre de ‘vivre jusqu’à la mort’
(titre d’un livre) de la manière la plus paisible. Les demandes d’euthanasie
y deviennent rares ne cachant plus alors, le plus souvent, que le grand
malaise de la vieillesse et d’une perte du sens de la vie. A force
de soins et d’attentions l'envie de vivre reprend ses droits et on
voit des patients qui le réclamaient et ne demandent plus à mourir.
C’est une belle victoire sur le malheur mais c’est aussi une utopie :
comment imaginer que l’hôpital public, et le privé a fortiori, pourra
financer des services aussi coûteux en personnel alors que tant d’autres
hôpitaux consacrés à des soins curatifs ou d’urgence sont à la
portion congrue ou obligés de fermer (150 patients dans l’année
seulement ont pu être accueillis au service de soins palliatifs de
Paul-Brousse de Villejuif. Combien dans la région parisienne ? et dans
toute la France ?).
Mais le vrai problème posé
par l’euthanasie reste entier. La société est-elle prête à reconnaître
à chacun la liberté de disposer de sa vie et à l’aider quand il
demande son soutien ?
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La France fille ainée du sectarisme anti-OGM |
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Écrit par Marcel Kuntz
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08-11-2008 |
L'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) a rejeté le 29 octobre 2008 les arguments du gouvernement français, sensés justifier scientifiquement - conformément à la réglementation européenne - sa clause de sauvegarde interdisant la culture du seul maïs transgénique cultivé en Europe (le MON810, autoprotégé contre des insectes ravageurs). L'interdiction ne sera pas levée pour autant...
Rappelons tout d'abord certains événements antérieurs.
Le 8 janvier 2008, lors d'une conférence de presse, le Président de la République promet que la clause de sauvegarde sera enclenchée en cas de « doutes sérieux » sur ce maïs.
Dès le lendemain, le Sénateur Legrand, Président du Comité de préfiguration de la Haute Autorité sur les biotechnologies (CPHA), annonce que ce dernier a conclu à des « doutes sérieux ».
Le 10 janvier, le gouvernement reprend ces termes.
Le 11, douze des quinze scientifiques du CPHA réfutent ces interprétations.
Le 13, le Premier Ministre reconnaît dans une interview qu'il s'agit d'une « décision politique ».
L'avis de l'EFSA n'est pas une surprise : il est en accord avec bien d'autres et notamment un avis en date du 30 avril 2008 de l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments . L'intention affichée du gouvernement français de poursuivre l'interdiction, malgré ces avis scientifiques, n'est pas une surprise non plus.
Pourquoi le gouvernement français creuse-t-il ainsi le fossé avec les scientifiques laïcs sur la question des OGM ? Tout découle de son acceptation d'un Grenelle de l'environnement sous le magistère intellectuel d'un seul courant de pensée (l'écologisme), qui plaça d'emblée les OGM sur l'autel sacrificiel de cette opération de communication politique . Dès lors, il ne pouvait être question d'accorder à la recherche scientifique la place qu'elle mérite (pour rappel, aucun 'collège' du Grenelle ne représentait institutionnellement les chercheurs), afin de cadrer les constats environnementaux ainsi que les solutions proposées. Il fallait évincer le plus largement possible des débats les chercheurs potentiellement indociles vis-à-vis des visées d'interdiction promise aux écologistes. Suivit, inéluctablement, pour confirmer les « décisions » du Grenelle, l'instrumentalisation des scientifiques du CPHA (moins dociles que prévu !). Puis, au cours de l'année 2008, des manœuvres dilatoires menées par des scientifiques notoirement opposés aux OGM, mandatés par le Ministère de l'Ecologie, ont tenté de retarder l'avis de l'EFSA. Il est à craindre que le prochain avatar ne soit un contrôle politique plus étroit du nouveau Haut Conseil des Biotechnologies.
En paraphrasant le discours du Président de la République, fait chanoine d'honneur de la basilique Saint-Jean de Latran (le 20 décembre 2007), on peut constater que, pour les hommes politiques, dans la transmission de la com', et dans l'apprentissage de la différence entre le bien médiatique et le mal des sondages défavorables, le scientifique laïc sur les OGM ne pourra jamais remplacer le militant anti-OGM...
Marcel KUNTZ
Université Joseph Fourier Labo PDC (CNRS/UJF) BP53 38041 Grenoble cedex 9
tel. 04.76.51.44.92
http://www-pdc.ujf-grenoble.fr
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Pourquoi les banques ont-elles une telle responsabilité dans les crises ? |
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Écrit par Bernard Graber
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02-10-2008 |
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Parce que leur pouvoir sur l’activité économique est beaucoup plus grand qu’on ne le croit habituellement : elles sont à l’origine de la plus grosse partie de la masse monétaire ; la dérégulation mondiale et la sophistication croissante des produits financiers les rend partenaires d’immenses opérations au bénéfice de la finance beaucoup plus que de l’économie ; elles échappent de plus en plus au contrôle du politique cependant seul dépositaire de la légitimité démocratique et en charge de la bonne marche de l’économie.
Elles créent de la monnaie par leur droit de faire « travailler » l’argent qui leur est confié en dépôt. Les divers crédits qu’elles ouvrent dépassent largement les fonds dont elles disposent. Ces crédits (prêts, autorisations de découvert) constituent un argent qui peut être dépensé et s’ajoute donc à celui des dépôts (comptes en banque, livrets d’épargne…) qui reste à la disposition de leurs propriétaires. On peut dire qu’une banque commerciale crée de la monnaie à l'instant où elle conclue un contrat de prêt avec un emprunteur. Ces crédits se font en échange d’une créance que la banque considère comme un actif à partir duquel elle va pouvoir consentir de nouveaux prêts. On parle d’un effet multiplicateur du crédit. Cette monnaie créée par les banques souvent par le simple jeu d’écritures est appelée ‘scripturale’. Sa masse peut atteindre jusqu’à plus de10 fois celle de la monnaie ‘fiduciaire’ des banques centrales (billets, pièces) gérée avec beaucoup plus de rigueur puisque maintenue stable aux variations du PIB près et garantie par les Etats. De plus, les banques se prêtent entre elles si bien qu’une énorme masse de capitaux est en circulation constante générant d’énormes profits certes parfois risqués mais autrement faciles que ceux de l’activité économique non financière.
La liberté des banques d’ouvrir des crédits est, évidemment, limitée par la loi pour protéger les déposants mais aussi les banques contre elles-mêmes dans la mesure où elles peuvent être tentées d’abuser de leur droit à ces jeux d’écriture d’un si bon rapport. Il existe un système de réserves obligatoires imposant aux banques de conserver un certain taux de ‘liquidités’ et à placer sur un compte de dépôts auprès de la banque centrale une ‘fraction’ des crédits qu’elles accordent (‘réserves fractionnaires’) ce qui fixe une limite quantitative à la création de crédits. D’autre part, une convention internationale (accords de Bâle II en 2004) prescrit de tenir compte de la qualité de l'emprunteur, établit une procédure de surveillance de la gestion des fonds propres et préconise une discipline du marché comportant la transparence dans la communication des établissements. Ces règles ne suffisent pas à garantir la sécurité du système et Maurice Allais, notre unique prix Nobel d’économie (1988), a pu écrire : « L'économie mondiale tout entière repose aujourd'hui sur de gigantesques pyramides de dettes, prenant appui les unes sur les autres dans un équilibre fragile ».
Il est bien évident que les recommandations de bonne conduite ne valent que dans la mesure où elles sont soutenues par un appareil de contrôle, national ou international, doté d’un pouvoir de sanction. Le néolibéralisme en vigueur a obtenu, au contraire, la réduction de contrôles considérés comme un frein à la liberté de l’entreprise jugée essentielle au développement de l’économie.
La création inconsidérée de crédits a une autre conséquence qui est celle de toute production excessive de monnaie : la montée des prix. Celle-ci peut être générale ou limitée à certains secteurs (valeurs boursières, œuvres d’art, entreprises d’Internet, immobilier) provoquant la constitution de ‘bulles’. Ces bulles sont gonflées par l’usage des crédits ‘à terme’ qui anticipent sur l’augmentation de la valeur du bien. Elles sont d’autant plus destinées à exploser que cette augmentation de valeur est factice et seulement la conséquence de cet afflux de monnaie virtuelle.
Le système repose sur les anticipations de remboursements des crédits qui sont comptés dans les liquidités. Quand les remboursements anticipés se font mal, les liquidités diminuent, le ratio crédits/liquidités n’est plus respecté et les banques ne peuvent plus prêter y compris aux clients sérieux qui peuvent être conduits à des dépôts de bilan pour de minimes problèmes transitoires de trésorerie, ce qui étend à l’économie une crise au départ purement financière. Les banques doivent alors réaliser certains de leurs actifs pour reconstituer leurs liquidités mais si ces actifs sont devenus ‘toxiques’ comme les subprimes, non seulement ils ne sont plus monnayables mais ils doivent être retirés des actifs et une cascade de catastrophes peut alors s’enclencher.
C’est ce qui est arrivé aux USA où deux géants américains de la finance, Bear Stearns en mars et Lehman Brothers en septembre ont mordu la poussière en quelques jours par la multiplication des défauts de paiements et des défaillances d'entreprises et par l’accumulation d’actifs toxiques qui leur faisaient refuser des prêts par les autres banques. Le cas de Bear Stearns est exemplaire. Début mars 2008, le montant de son pôle de liquidités tournait, comme d’habitude, autour de 20 milliards de dollars. Le lundi 10 mars, il était encore de 18,1 milliards de dollars. Le lendemain, il chute à 11,5. Le jeudi, il se retrouve réduit à 2 milliards de dollars, 10 fois moins que la semaine précédente. Le vendredi Bear Stearns n'a plus d'argent frais et n'arrive pas à vendre ses actifs. C'est la chute. Une recapitalisation est alors indispensable. La Fed volera à son secours, puis JP Morgan la rachètera. [http://www.journaldunet.com/economie/finance/dossier/].
Le Congrès s’opposera à ce que le même traitement soit appliqué à Lehman Brothers par refus de faire intervenir l’Etat dans le domaine économique pour les uns ou de faire endosser aux contribuables les fautes des banquiers pour les autres, mais ce refus risque de coûter beaucoup plus cher quand il faudra faire face à des dégâts en chaîne bien plus considérables.
La crise actuelle aurait sans doute pu être évitée par le respect plus strict des accords de Bâle mais les facilités des profits financiers étaient trop grandes, la tentation du gain trop forte et, sans doute, le niveau moral des agents économiques néolibéraux trop bas, pour s’en tenir au fonctionnement normal du système financier et à sa juste rétribution.
Il faut espérer que cette crise aura le mérite de briser l’utopie néolibérale et de ramener un peu de bons sens et de moralité dans les mœurs économiques.
Voir aussi
http://fr.wikipedia.org/wiki/Création_monétaire
http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_multiplicateur_du_crédit
http://fr.wikipedia.org/wiki/Produit_dérivé_(finance)
http://www.chomage-et-monnaie.org/Documents_pdf/QRFAQQuantite.pdf
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bâle_II
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Rassemblement laïque international |
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Écrit par Hélène Langevin-Joliot
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14-09-2008 |
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Les attaques contre la laïcité ne proviennent pas seulement aujourd’hui
de représentants directs de telle ou telle religion, Elles sont relayées
et souvent initiées par les pouvoirs politiques eux-mêmes. La Commission
européenne prête une grande attention aux recommandations de la Conférence
des évêques, le Parlement européen et l’assemblée générale du
Conseil de l’Europe invitent le Pape à s’exprimer devant eux.
La France, où les traditions laïques sont particulièrement ancrées,
est un enjeu d’importance : il est grave que l’activisme du Président
de la République en faveur des religions, la religion catholique en
tout premier lieu, n’ait rien à envier à celui du Pape.
Le non financement public de la visite du Pape devrait aller de soi,
conformément à la loi de 1905 car cette visite ne concerne que les
catholiques. Nous voyons bien malheureusement qu’elle a été préparée
et se déroule comme un évènement d’Etat, dans des conditions qui
engagent nécessairement l’argent public. Le Président de la République
en recevant Benoît XVI en a profité pour prôner à nouveau une laïcité
soi-disant positive. La révérence avec laquelle le chef de l’Eglise
catholique est reçu, trop de publicité complaisante dans les médias,
constituent un pas de plus dans un processus de cléricalisation que
nous ne pouvons accepter.
La séparation des Eglises et de l’Etat est pourtant l’objet d’un
consensus très général dans la société française. Il n’en résulte
pas que ses conséquences, telles que nous les entendons conformément
aux traditions républicaines, le soient. Les ambiguïtés et les hypocrisies
déployées au fil du siècle dernier pour contourner la loi ont débouché,
entre autres, sur le financement public de l’enseignement privé,
au motif de l’égalité des enfants et des convictions des parents.
Les exigences de neutralité qui limitent actuellement le prosélytisme
dans les établissements privés, à 90% catholiques, pourraient bien
être remises en cause, au prétexte du « caractère propre » des établissements
et par référence à des pratiques courantes dans d’autres pays européens.
L’emprise des religions sur la vie publique est, en effet, favorisée
partout par une volonté de désengagement des États vis-à-vis des
charges d’éducation et de solidarité sociale.
Elle l’est aussi par la complaisance envers les communautarismes.
Le respect des droits de l’homme et le principe de non-discrimination
ne nécessitent nullement, bien au contraire, d’abattre le rempart
que représente la laïcité contre une structuration dangereuse de
la société. Les communautarismes correspondent trop souvent, par delà
les aspirations légitimes à la diversité culturelle, à un
enfermement dans des traditions qui ne respectent pas les droits
de l’homme et surtout des femmes. Les conséquences sont lourdes de
danger pour l’individu, qui se voit dénier le libre choix de
sa religion ou de son absence de religion, de ses liens personnels et
de sa morale. Elles sont lourdes de danger pour la vie sociale.
Tous ne sont pas conscients, en France et plus encore en Europe,
de l’importance de la laïcité pour leur avenir. Il ne suffira pas,
pour important que soit cet objectif, de s’opposer en France à tout
aménagement de la loi de 1905. Il ne suffira pas de réclamer la suppression
de la référence au rôle spécial des Eglises dans les traités et
accords européens.
La laïcité doit être replacée au centre d’un ensemble de préoccupations
très larges, allant de la liberté de pensée et d’expression
à la solidarité et au combat contre les discriminations, en
passant par la défense de la culture, de l’enseignement et
de la recherche.
En 2008, le pouvoir d’achat des Français, des Européens aussi, est
en effet insuffisant pour que les couches de la population les plus
modestes puissent faire face à la hausse des prix de l’alimentation,
du logement ou des transports.
Trop peu de nos concitoyens
s’interrogent, face à cette situation, sur les rapports entre l’accent
mis sur la religion et l’espoir des gouvernants de rendre plus supportable
les dégâts d’une pseudo rationalité économique qui sélectionne
les individus « méritants » et en laisse beaucoup d’autres sur le
bord du chemin. Que les religions servent de substituts à la solidarité
sociale qui relève de la responsabilité des Etats démocratiques,
les citoyens français et européens, s’ils en prennent conscience,
ne seront probablement pas prêts à l’accepter.
Comme on sait les objectifs de l’Union rationaliste se regroupent
autour de deux axes majeurs : la défense du rationalisme, de la démarche
scientifique et du rôle de la raison dans l’aventure humaine, la
défense de la laïcité qui en séparant l’Etat et les religions
permet à la société civile d’exercer ses choix hors des pressions
idéologiques que celles-ci voudraient imposer.
Ces deux axes majeurs sont plus que jamais liés.
Les
attaques contre la laïcité s’effectuent, en effet, dans un contexte d’interrogations
sur les conséquences des avancées scientifiques et techniques. Le
fait qu’il n’y ait pas de relation linéaire entre progrès scientifique
et progrès de la société sert de prétexte à certains pour attribuer
à l’apport des Lumières et au rôle donné à la raison les désastres
du siècle passé et ceux qui nous menacent aujourd’hui, tel le changement
climatique. Ils oublient que la science a rendu possible, malgré d’insupportables
inégalités, l’allongement de l’espérance de vie et l’amélioration
du niveau de vie. Le « Grenelle de l’environnement », a donné un
exemple de telles incompréhensions, en tenant à l’écart les communautés
scientifiques en tant que telles.
La laïcité s’est imposée au début du siècle dernier parallèlement
à la reconnaissance de l’importance du progrès scientifique et des
espoirs qu’il ouvrait pour répondre aux attentes de la société.
La laïcité a besoin aujourd’hui, d’une refondation des rapports
de la science et de la société.
Les réformes imposées aux grands organismes de recherches et aux universités,
marquées par le recul de la démocratie, ne peuvent laisser les
défenseurs de la laïcité indifférents. Les enjeux sont,
entre autres, la conception de la formation des étudiants, entre professionnalisation
à trop court terme et formation culturelle, la place de la recherche
fondamentale.
Les enjeux des réformes dans l’enseignement primaire et secondaire ne
sont pas moins considérables.
Le socle commun de connaissances et de compétences qui définit les objectifs
de la scolarité obligatoire juxtapose culture scientifique et culture
humaniste. Cette dernière comprend l’enseignement du fait religieux,
la connaissance d’extraits de la Bible et du Coran, mais pas la critique
des religions, l’apport des Lumières, le caractère émancipateur
du développement des connaissances.
La culture scientifique, réduite à sa fonction pratique, dépouillée
de son aspect formateur à l’esprit critique et au libre examen, laisse
la place libre non seulement à l’ignorance se parant du nom de « sciences parallèles »,
mais aux religions. Dans cette répartition des rôles, il revient à
la science de fournir les compétences techniques nécessaires au développement
économique, il revient aux religions d’apporter le supplément d’âme
nécessaire à l’individu et la morale nécessaire à la vie en société.
Une bataille particulière mérite d’être menée sur le rôle du progrès
des connaissances dans l’évolution des modes de pensée et des exigences
éthiques. Mettre en rapport l’histoire des idées et les progrès
de la science, c’est prémunir la société contre les tentations
obscurantistes, c’est battre en brèche le concept d’une morale
révélée, supérieure à toute morale d’essence humaine, produit de l’histoire.
On évoque beaucoup l’espérance. Nous mettons la nôtre dans une culture humaniste pour tous, intégrant la culture scientifique et les valeurs de la laïcité.
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Sarkozy sur le chemin de Rome à Riad |
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Écrit par Nicole Delattre
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12-02-2008 |
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Si le discours romain de notre président de la République « une, indivisible et laïque » commence à susciter les réactions scandalisées qu’il mérite pour diverses raisons, celui de Riad se situe à un cran supérieur dans l’éloge des religions ; car cette fois-ci, il ne s’agit pas du christianisme et des « liens privilégiés » que la France sarkozienne entend désormais entretenir avec le Saint Siège romain, mais de toutes les religions « du Livre » et principalement de l’islam.
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Lire la suite... [Sarkozy sur le chemin de Rome à Riad]
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OGM : une responsabilité envers les générations futures |
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Écrit par Alain Boudet, Michel Caboche, Michel Delseny, Rolland Douce, Christian Dumas et Georges Pelletier
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02-02-2008 |
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Tribune parue
dans le journal LE MONDE du 31.01.08.
Les plantes
cultivées par l'homme, comme le blé, le riz, le maïs,
ou la pomme de terre, qui représentent plus de 70 % de
l'alimentation humaine, ont une longue histoire de domestication. Les
travaux menés au cours du XXe siècle ont été
effectués en particulier pour protéger ces plantes
contre les maladies et pour améliorer leur capacité de
production.
De ce fait,
une espèce comme la tomate comporte, dans son génome,
de l'ordre de 10 % de gènes provenant d'autres espèces,
introduits par croisements successifs pour la rendre résistante
à divers pathogènes. De même, entre l'ancêtre
botanique du maïs, le téosinte, et les maïs
modernes, environ 2 % des gènes ont été
modifiés, soit environ 1 200 gènes. Ce travail est sans
cesse à poursuivre, de nouvelles maladies apparaissant,
souvent transportées accidentellement depuis des pays
éloignés. Aujourd'hui encore, au niveau mondial, le
tiers des récoltes est perdu du fait de ces fléaux.
Les résultats
spectaculaires de la biologie moléculaire des plantes obtenus
au cours des trente dernières années, en particulier en
France, permettent désormais l'introduction des gènes
par des méthodes plus rapides, plus efficaces et plus précises
que les techniques d'hybridation utilisées auparavant. Deux
traits ont été ciblés jusqu'ici par ces
nouvelles méthodes, dites transgéniques, qui sont la
résistance à des chenilles herbivores (dites
phytophages) et à certains herbicides.
Sur le plan
mondial, ces méthodes ont été adoptées,
comme l'illustre le fait que, en 2006, plus de 100 millions
d'hectares de terrains agricoles furent consacrés à des
cultures transgéniques. Ce chiffre est en augmentation rapide.
Il est remarquable que cet accroissement de production, ainsi que la
dispersion locale de pollen et de graines qui en résulte, n'a
entraîné aucun effet négatif significatif sur
l'environnement ni aucune conséquence dommageable pour la
santé humaine ou animale.
Notre propos
vise l'avenir de la transgénèse des plantes, bien
au-delà des seules résistances (utiles par ailleurs)
aux insectes ou aux herbicides. De nombreux laboratoires publics et
privés travaillent en effet en ce moment sur l'adaptation des
plantes aux contraintes de l'environnement. Contrairement à un
animal, une plante ne peut se déplacer pour échapper au
manque d'eau ou à une température excessive. Les
travaux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution
du climat (GIEC) sur les changements climatiques prédisent une
accentuation des phénomènes de désertification,
compromettant en particulier les cultures d'espèces faiblement
tolérantes à des déficits hydriques.
RARÉFACTION
DES RESSOURCES
L'agriculture
doit et devra utiliser l'eau de façon parcimonieuse. Les
technologies des organismes génétiquement modifiés
(OGM) sont maintenant mises en œuvre pour rendre les espèces
cultivées plus résistantes à divers types de
contraintes environnementales (déficit hydrique, température
accrue, salinité et toxicité des sols, carences en
éléments nutritifs, etc.). Grâce aux technologies
OGM, un large éventail de possibilités s'ouvre pour
contrer les effets néfastes des changements climatiques et de
la raréfaction des ressources sur la production agricole. Ceci
vaudra, en particulier, pour les pays en voie de développement
qui sont exposés à ces dangers et aux fléaux
cités.
Notre planète
héberge actuellement 6,5 milliards d'êtres humains, et
les Nations unies prévoient que nous serons 9 milliards en
2050. Sans progrès spectaculaire en agronomie, il ne sera pas
possible de faire face aux besoins nutritionnels d'une telle
population. En plus, l'accroissement des besoins en aliments se
traduit aujourd'hui par une envolée des prix mondiaux des
céréales, occasionnée par le désir d'un
mieux-être alimentaire des pays émergents et la
désertification de zones cultivées, en Australie en
particulier.
Dans le même
temps, 5 % des surfaces cultivées sont éliminées
tous les dix ans par la croissance des villes et des infrastructures
de transport. Les phénomènes de salinisation des terres
irriguées s'y ajoutent. L'autonomie alimentaire de la planète
est un enjeu majeur, qui ne sera pas résolu de façon
simpliste. Il faut nous y préparer, et encourager les
recherches et les mises au point d'OGM permettant d'apporter une
partie des réponses à ces questions cruciales. Qui plus
est, les projets les plus avancés dans plusieurs pays ne sont
plus basés sur le transfert de gènes d'une bactérie
à une plante, ou d'une espèce sauvage de plante à
sa cousine cultivée, mais sur la stimulation, dans la plante
elle-même, de ses propres gènes de résistance aux
stress.
Plusieurs
grands pays développent en ce moment, avec un succès
remarquable, ces recherches et leurs applications. La France, malgré
une situation de quasi-blocage dans ce domaine, possède des
atouts formidables dans ses laboratoires universitaires et dans ceux
du CNRS, de l'INRA (agronomie), du Centre de coopération
internationale en recherche agronomique pour le développement
(Cirad) et de l'Institut de recherche pour le développement
(IRD), ainsi que dans le secteur semencier. Notre pays se doit à
lui-même, et doit à ses futures générations
de chercheurs scientifiques et aux populations menacées par la
faim dans les décennies à venir, de reprendre un rôle
de leader dans le domaine des biotechnologies végétales.
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Argumentaire de l'Union Rationaliste sur les OGM |
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Écrit par Administrator
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05-11-2007 |
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1. Seules les plantes inquiètent
Les “ organismes génétiquement modifiés ” ne provoquent les foudres de l’écologisme que lorsqu’il s’agit de plantes, les plantes génétiquement modifiées ou PGM, parce que susceptibles de finir dans notre assiette ou de nourrir les animaux que nous mangeons. Les levures ou les bactéries génétiquement modifiées qui ne quittent pas les confinements des laboratoires ou des fermenteurs d’usine ne font pas peur. Les dérivés alimentaires du maïs GM (lécithines pour sauces) ou du colza GM (huile de table) n’inquiètent pas non plus. [1] Notons au passage l’extraordinaire progrès que les OGM ont fait faire à la pharmacie (insuline humaine qui a remplacé les insulines animales extractives ; hormone de croissance humaine qu’il n’a plus été nécessaire d’extraire des hypophyses de cadavres avec le risque d’inoculation de la maladie de Creutzfeld-Jacob, etc. etc.).
2. La manipulation génétique
La manipulation génétique est le couper-coller d’un fragment d’ADN d’une cellule dans une autre. Elle se produit en permanence dans la nature qui pratique un brassage constant des ADN à l’intérieur des espèces, voire entre les espèces : les bactéries s’échangent entre elles les gènes de résistance à un antibiotique ; les virus à ARN introduisent leur génome dans celui des cellules qu’ils infectent, animales ou végétales. Quand ces cellules sont germinales, la modification est transmissible aux descendants et il s’agit probablement là d’un des facteurs de l’évolution des espèces. Les modifications génétiques effectuées par l’homme sont peu de choses dans le brassage permanent que la nature fait subir aux millions d’espèces vivantes qu’elle a créées.
3. Le caractère « naturel » de la manipulation génétique
La nature n’a pas besoin de microscopes ni de rayon laser pour pratiquer ses couper-coller mais elle utilise des enzymes et ce sont ces mêmes enzymes que l’homme emploie. Des erreurs sont possibles dans les deux cas : la nature n’est pas avare d’aberrations chromosomiques et de monstres divers Le caractère irréversible des modifications génétiques doit être relativisé en tenant compte de la durabilité des variétés créées, très variable selon que la modification leur aura conféré un avantage ou un handicap vis à vis des autres variétés. Dans la nature, il se détruit autant de variétés ou même d’espèces qu’il ne s’en crée. En cas d’avantage, la nouvelle variété ne fait pas forcément disparaître les autres pour autant. Les espèces et variétés végétales créées par l’homme n’ont pas fait s'éteindre les espèces sauvages dont elles sont issues. Bien plus, ces espèces sélectionnées depuis des millénaires et donc génétiquement modifiées par l’homme cesseraient d’exister dans bien des cas si l’homme arrêtait de les cultiver parce que ce qui constitue un avantage pour l’homme peut devenir un handicap pour elles dans la nature.
4. L’universalité de l’ADN
La structure chimique de la molécule d’ADN, support des gènes, est rigoureusement identique dans toutes les espèces, du virus à l’homme ; c’est une très longue chaîne formée de l’empilement des mêmes quatre unités élémentaires dont seul l’agencement varie pour constituer les gènes. Les gènes diffèrent d’une espèce à l’autre mais dans une proportion très relative : l’homme a 40% de gènes homologues avec la banane et 50% avec le cafard, 99% avec le chimpanzé etc. Les fragments d’ADN coupés-collés ne se distinguent pas des autres. Il est impossible de reconnaître un OGM d’un non OGM si l’on ignore à l’avance le ou les gènes qui ont été transférés et dont la présence ou l’absence permettra seule de savoir si l’on a affaire à l’organisme d’origine ou à celui qui a été modifié.
Il n’y a pas une entité OGM mais autant d’OGM que de gènes transférés et ce qui est vrai de l’un ne peut pas être inféré aux autres. Une PGM n’est qu’une nouvelle variété végétale parmi les autres.
5. Les modifications du génome
La technique du transfert de gènes traduit un progrès considérable en matière de biologie moléculaire mais elle ne constitue pas une véritable révolution. Il y a longtemps que l’homme sait modifier le génome des espèces animales ou végétales qu’il veut domestiquer. Il le fait par la sélection de nouvelles races ou variétés dans l’élevage et la culture. Le résultat est le même que par transfert de gènes mais l’opération prend beaucoup plus de temps. Plus récemment, l’homme a appris à provoquer des mutations, par exemple par l’exposition des cellules à des rayonnements divers, au lieu de les attendre de la nature. Il existe ainsi au moins 2500 variétés de plantes mutées, cultivées et consommées régulièrement alors que l’on ne connaît rien d’elles sinon qu’elles répondent à nos besoins. La création de mutations opère totalement à l’aveugle alors que le transfert de gènes réalise des modifications génétiques avec beaucoup plus de précision et de diversité.
6. Les ratés de la technique
La précision de la technique n’est, cependant, pas parfaite. On n’est pas assuré à 100% que le couper-coller se fera au bon endroit sur la molécule d’ADN. Il faut vérifier le succès de la manœuvre en cultivant les plantes modifiées et en ne conservant que celles qui correspondent au projet.
7. La digestion de l’ADN
Le devenir digestif des molécules d’ADN est celui de la matière organique alimentaire : elles sont dégradées en leurs éléments constitutifs qui sont réutilisés pour synthétiser notre ADN et nos protéines. S’il arrive que des fragments d’ADN échappent à la dégradation enzymatique et parviennent à franchir la barrière intestinale, ils ne sont pas devenus des virus pour autant et ils n’ont que très peu de chance de pénétrer dans une cellule et aucune d’y faire exprimer le programme génétique dont ils pourraient être porteurs. La ration alimentaire quotidienne contient des millions de gènes d’origine animale, végétale ou bactérienne ; aucun d’eux ne s’exprime dans les organismes qui les ont absorbés. [2] La consommation de poulets ou de salades n’a jamais fait pousser de plumes ni verdir la peau. La consommation de maïs modifié pour faire sécréter par la plante un pesticide naturel contre la pyrale ne provoque aucune fabrication de pesticide par l’homme ou les animaux qui consomment ce maïs.
8. Les dangers des PGM
Il n’y a pas de dangers spécifiques des PGM, communs à l’ensemble de ces plantes. Quelques unes se sont révélées potentiellement dangereuses du fait de la modification génétique dont elles étaient porteuses. Elles ont alors été retirées par les expérimentateurs avant même d’être soumises à leur évaluation par les commissions d’experts et elles n’ont donc jamais été proposées pour une mise sur le marché. Dans un cas, une herbe sauvage génétiquement modifiée a été retirée du marché. Les autres PGM ne présentent aucun danger connu. Il est impropre d’utiliser à leur égard le terme de contamination pour désigner la transmission éventuelle du gène dont elles sont porteuses à d’autres plantes de leur environnement ; le terme, déjà chargé, de dissémination suffit.
9. Les risques des PGM
La certitude de l’innocuité d’une modification génétique ne peut pas être attendue des seuls tests de laboratoire. Quels que soient le nombre et la qualité des expérimentations réalisées et la durée des observations, il arrivera toujours un moment où, comme pour le médicament, il deviendra nécessaire d’élargir le champ d’observation à la “ vraie grandeur ”. Pour le médicament, c’est la phase IV des essais thérapeutiques, postérieure à l’AMM (autorisation de mise sur le marché) et destinée à détecter les effets rares qui pourraient apparaître et que les tests précédents n’ont pas pu déceler. Elle se fait sous la protection de la pharmacovigilance qui relève tous les incidents liés aux médicaments.
Avec plus de 100 millions d’hectares cultivés dans le monde et leur consommation par des centaines de millions d’animaux depuis 10 ans, on peut considérer que les PGM commercialisés ne comportent pas de risque alimentaires. Il faut certainement se préoccuper des procédures de vigilance mises en place mais ce serait un retour en arrière pénalisant pour le progrès que d’exiger le retrait des PGM pour les soumettre à de nouvelles batteries de tests en laboratoire dont aucune, de plus, ne peut être complètement conclusive. Ce fait n’est pas nouveau. Comme pour tous les végétaux consommés, un doute demeurera toujours sur d’éventuels effets à long terme. Il a fallu des siècles pour découvrir la nocivité du tabac.
10. La relativité des risques
L’autorisation de mise sur le marché d’une molécule nouvelle comporte toujours un certain risque. Pour les médicaments, ce risque est calculé en fonction du “ service médical rendu ” par le médicament selon son utilité c’est à dire la gravité des maladies qu’il soigne, son efficacité et de sa tolérance par rapport aux autres manières de soigner ces maladies, de ses rapports bénéfice/risques et coût/efficacité. Il peut en aller de même pour les PGM : un risque d’allergie alimentaire peut être largement compensé par les services rendus à l’environnement, par exemple par la suppression de l’emploi de pesticides dont on découvre les effets néfastes sur la santé animale et humaine ou par l’inutilité des engrais.
11. Moratoire et principe de précaution
Le principe de précaution qui s’impose à la recherche ne peut pas signifier l’abstention jusqu’au risque 0. Ce serait sacrifier toute recherche scientifique à la chimère du risque 0 qui n’est pas réaliste et faire fi des fléaux que la recherche vise à combattre et qui réclament, souvent dans l’urgence, toutes les ressources dont on dispose. La sous-alimentation ou les famines, les maladies endémiques et les épidémies sont loin d’être éradiquées de la planète ; l’eau est souvent rare et polluée et on s’attend à en manquer de plus en plus. La raréfaction des terres arables va donner une importance croissante aux PGM adaptées aux climats secs et arides ou aux sols salés ou marécageux. Le riz doré enrichi en vitamine A pourra prévenir la cécité par avitaminose et épargner la vue de millions d’enfants du Sud-Est asiatique. Les PGM capables de produire des hydrocarbures constitueront sans doute une des meilleures sources d’énergie renouvelable et sans détourner de leur finalité alimentaire les cultures de blé ou de colza. etc. Le principe de précaution appliqué aux OGM à travers les instances de contrôle et d’évaluation des risques suit déjà les procédures appliquées en cas de risque potentiellement élevé, ce qui n’est manifestement pas le cas des OGM actuels.
12. Économie
L’argument économique souvent évoqué contre les PGM ne manque pas de surprendre : on reproche aux firmes qui les fabriquent et les commercialisent d’être des multinationales à la recherche de profits et de situations de monopole. On peut en dire autant de l’informatique, de la pharmacie ou de la plupart des activités industrielles. Les mœurs industrielles et commerciales mondiales demandent sans doute à être régulées mais leur déontologie a peu à voir avec la nature de leur production.
Intervient aussi la politique des semences pour protéger le savoir-faire des firmes et rémunérer leur recherche : les agriculteurs s’engagent à racheter les semences chaque année. En réalité, il en va déjà de même avec les semences hybrides qui constituent la majorité des cultures en Occident et qui ne peuvent être replantées sous peine de voir réapparaître les espèces mères de ces hybrides. Il suffit, pour l’agriculteur, que le surcoût de l’achat des semences des PGM soit compensé par la plus-value qu’elles lui permettront d’obtenir. Les surcoûts des semences OGM est loin de rebuter les utilisateurs des pays pauvres puisque 95% des agriculteurs qui utilisent des OGM sont dans les pays pauvres et que ce mouvement s’accentue d’année en année.
13. Démocratie
L’appel à la démocratie traduit la peur d’influences occultes sur les décideurs publics à propos des PGM. Le manque d’informations assimilables par le public est patent. La diffusion d’une information objective pourrait être confiée au Comité national des débats publics pour qu’il coordonne au niveau national une campagne analogue à celles qu’il organise dans les régions pour obtenir du public un ‘consentement éclairé’ aux mesures prises ou à prendre.
En somme, loin de constituer un accès impie à l’intimité sacrée de la nature laissant craindre les pires dérèglements de la part de cet apprenti sorcier que l’homme peut devenir, la maîtrise de la modification du génome n’est qu’une étape après et avant beaucoup d’autres sur la voie de la connaissance des lois de la nature, connaissance qui ne peut qu’aider, au bout du compte, à utiliser ces lois avec plus de finesse, d’intelligence et de respect pour le plus grand bien de l’humanité.
[1] C’est le cas pour les amylases produites par des levures génétiquement modifiées, qui participent à la maturation des pâtes à pain et à gâteau et qui sont résistantes à la chaleur pendant la cuisson.
[2] Des études dont les résultats sont convergents ont montré que les rares gènes qui arrivent à pénétrer dans les cellules sont trop fragmentés pour être fonctionnels et ils ne s’intègrent pas dans les chromosomes des cellules en question.
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Lettre ouverte sur les OGM |
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Écrit par Bernard Graber
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20-09-2007 |
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Paris le 20 septembre 2007
Monsieur Jean-Louis BORLOO
ministre d’Etat, ministre de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables
Madame Nathalie KOSCIUSKO MORIZET
secrétaire d’Etat à l’écologie
Monsieur le Ministre, Madame,
Le journal Le Monde daté du 20 septembre apprend que vous vous préparez à accepter un gel de la commercialisation des semences OGM comme « un des éléments qui doit permettre à M. Borloo d'obtenir un compromis général lors de la grande table ronde du Grenelle, qui se tiendra fin octobre » et au prétexte « qu’on ne peut pas contrôler la dissémination. Donc on ne va pas prendre le risque. »
On comprend que la question des OGM ne soit qu’un détail dans le vaste débat qui va s’ouvrir avec au programme des sujets autrement importants mais elle a pris dans l’opinion une valeur symbolique considérable et il serait bien dommage de ne pas profiter de la circonstance pour élever un peu le niveau de réflexion du grand public. Ce serait bon pour la démocratie qui ne vaut qu’éclairée comme le disait Spinoza, pour le progrès scientifique, pour l’économie, et même pour l’honneur du pays qui passe aux yeux de l’Europe pour un peu rétrograde.
L’erreur serait sans doute de renvoyer dos à dos comme deux écoles équivalentes les adversaires et les défenseurs des OGM. Il y a d’un côté la recherche scientifique avec toute sa rigueur, sa technicité, sa remise en cause permanente, sa communication constante au niveau mondial, sa soumission aux lois de la nature qu’elle ne peut découvrir que si elle en accepte les règles et, de l’autre, des groupuscules d’imprécateurs persuadés de détenir La vérité parfois assistés de scientifiques dévoyés qui ne respectent pas leur déontologie.
L’esprit scientifique est une des grandes valeurs de l’homme. Le rabaisser au niveau de ses détracteurs serait une mauvaise action.
L’Union rationaliste à laquelle j’appartiens (présidente Hélène Langevin-Joliot) a élaboré un bref ‘argumentaire’ sur les OGM destiné au public pour l’aider à situer le débat. Permettez-moi de le joindre à cette lettre.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, Madame, l’assurance de ma haute considération.
Bernard Graber
Secrétaire général de l’Union rationaliste
14, rue de l’Ecole polytechnique
75005 Paris
01 46 33 03 50
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Les cancers de la pollution, L'environnement est-il seul en cause ? |
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Écrit par Jean-Pierre Camilleri
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26-04-2006 |
LES CANCERS DE LA POLLUTION
L'environnement est-il seul en cause ?
par Jean-Pierre Camilleri, professeur des universités et directeur honoraire de la section médicale de l'Institut Curie. |
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Ne touchez pas à la loi de 1905 |
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Écrit par Administrator
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06-04-2006 |
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DECLARATION COMMUNE DES ASSOCIATIONS LAIQUES
Les associations laïques réunies le 06 Avril 2006 au siège du Grand Orient de France se déclarent inquiètes des tentatives répétées de droite comme de gauche visant à remettre en cause le socle républicain au prétexte de réviser la Loi de 1905 de séparation des églises et de l'état.
Elles se déclarent unanimement convaincues de l'universalisme et de l'actualité de la laïcité, valeur plus que jamais indispensable à l'édification d'une République humaniste et sociale.
Paris, le 6 Avril 2006 |
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SCIENCE OU THÉOLOGIE ? A propos du " dessein intelligent " |
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Écrit par Administrator
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05-04-2006 |
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Le Monde du 23 février 2006 a publié dans sa page Débats une tribune intitulée " Pour une science sans a priori " signée de scientifiques de plusieurs pays tous membres de l'Université Interdisciplinaire de Paris. Cette institution n'a rien d'une Université : c'est une association qui s'est auto-dénommée ainsi et utilise une appellation prestigieuse, que tous les Français croient garantie par l'État, pour une propagande de type religieux. L'Université Interdisciplinaire de Paris est à une véritable Université ce qu'un Institut de beauté est à l'Institut Pasteur.
D'autres scientifiques de haut niveau, dont plusieurs membres de l'Union Rationaliste, ont écrit un article répondant à cette tribune. Le texte de leur article est parvenu au Monde le 6 mars dernier. Il vient d'être publié (5 avril). On le trouvera ci-dessous, avec la permission des signataires. |
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"la science moderne s'est souvent développée contre et malgré la Bible" |
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Écrit par Gérard Fussman
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25-01-2006 |
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Le Monde du 9 janvier 2006, reprenant une information parue dans Libération le 6 janvier, s’est fait l’écho d’un document transmis le 25 novembre 2005 au Haut-Conseil de l’Education pour définir le « socle commun de connaissances et de compétences » que devrait posséder tout élève à la fin de sa scolarité obligatoire. Ce texte, qui à ce stade est seulement un document préparatoire, préconise que l’élève soit "préparé à partager une culture européenne par une connaissance simple de la Bible et de quelques-unes des oeuvres majeures du patrimoine européen". La place prééminente accordée à la Bible, œuvre nommée en premier et seule désignée par son nom, montre une volonté de considérer que le christianisme et lui seul (car de la Bible, les juifs refusent le Nouveau Testament) est le fondement de la culture et de l’unité européennes. Nous ne pouvions laisser passer cette prétention et cette déformation de la vérité historique. Le bureau de l’Union Rationaliste a contacté diverses organisations laïques et éducatives pour leur demander de réagir et a lui-même envoyé le texte ci-dessous au Président du Haut Conseil. Il appelle tous les laïques à se mobiliser pour que ce type de formulation soit retiré du texte définitif.
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De la laïcité selon les tribunaux italiens. |
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Écrit par L'Union Rationaliste
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05-12-2005 |
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Selon les informations dont nous disposons, le juge Luigi Tosti a été condamné le 18 novembre 2005 à 7 mois de prison et 1 an de suspension. Son crime ? Le juge refuse de rendre justice sous un crucifix.
La constitution républicaine de l’Italie promulguée le 27 décembre 1947 stipule que tous les citoyens « sont égaux devant la loi, sans distinction de sexe, de race, de langue, de religion » (Art. 3), mais l’Italie continue de vivre sous le régime du concordat signé le 11 février 1929 avec le Vatican par Benito Mussolini, chef du gouvernement de l’époque. Ce concordat a été renouvelé en 1984 par le socialiste Bettino Craxi. Explique qui pourra. Dans ce cadre, le gouvernement Berlusconi, ou les juges qui ont condamné leur collègue Luigi Tosti, ont remis en vigueur une circulaire fasciste, datant de 1926, jamais abrogée depuis, qui fixe que des crucifix doivent être visibles dans les tribunaux italiens. C’est pour avoir, malgré cette circulaire, ôté le crucifix de la salle d’audience, puis avoir refusé de siéger sous le crucifix remis en place que le juge Tosti a été ainsi lourdement et pénalement sanctionné. En voulant respecter la constitution italienne, le juge Tosti se serait donc mis hors-la-loi.
Nous ne pouvons laisser passer cette nouvelle manifestation d’extrêmisme religieux. Elle fait éclater au grand jour l’hypocrisie de ceux qui proclament qu’un concordat ou une religion d’état sont compatibles avec la laïcité. Nous appelons à la plus large protestation et, pour être plus efficaces, nous prenons contact avec nos partenaires, les organisations qui appelent à la manifestation nationale du 10 décembre et celles qui organisent le même jour à Paris le colloque "pour une laïcité à l’échelle du monde au XXIe siècle".
Paris, le 5 décembre 2005.
L’Union Rationaliste |
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Une nouvelle offensive du créationnisme. |
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Écrit par Michel Naud
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01-12-2005 |
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Depuis la formulation de la doctrine de l'évolution par Darwin, les fondamentalistes ont essayé d'en interdire l'enseignement parce qu'il contredit les récits de la création du monde que l'on trouve dans la Bible et le Coran. Le mouvement est particulièrement fort dans les pays musulmans, aux USA et en Australie. Le cas des USA est potentiellement inquiétant car les USA sont le pays qui domine la recherche scientifique. Si l'enseignement y accordait officiellement une place aux récents avatars du créationnisme, il ne manquerait pas de gens en Europe pour en tirer avantage et se prévaloir de ce précédent pour y imposer son enseignement.
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Lire la suite... [Une nouvelle offensive du créationnisme.]
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LE CNRS, LA TÊTE DANS LES ÉTOILES |
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Écrit par Administrator
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01-12-2005 |
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Le gouvernement français proclame son attachement à la recherche, son respect pour les chercheurs, et son souci de promotion des femmes. L'attachement à la recherche se traduit par un projet de " pacte pour la recherche " que les intéressés ont qualifié d' " énorme déception ". Le respect pour les chercheurs et le souci de promotion des femmes ont probablement inspiré la composition du nouveau Conseil d'Administration du CNRS. Il ne comptera plus qu'une seule femme, sur 21 membres, au lieu de sept précédemment. Il jouera à plein son rôle d'orientation sur le long terme puisque le gouvernement a imposé la nomination du Professeur Maffesoli, sociologue et directeur de la thèse de Mme Elizabeth Tessier, astrologue de la République (F. Mitterrand, laisse-t-elle entendre, la consultait), ainsi devenue docteur es lettres après avoir défendu l'idée d'un " déterminisme astral, s'ajoutant au déterminisme psychologique et au déterminisme génétique *". S'appuyant, via M. Maffesoli, sur les travaux de Mme Tessier, le CNRS pourra désormais répartir au mieux les pauvres crédits que le gouvernement voudra bien lui attribuer. Il pourra aussi disserter sur l'avenir de la parité et le respect qu'il porte au 57% de femmes qu'il emploie.
*On aurait tort de sous-estimer l'influence française dans le monde. Quand le gouvernement indien décida en 2001 d'instituer des chaires d'astrologie dans les Universités d'état indiennes pour " permettre à cette connaissance scientifique de se diffuser dans la société et permettre de l'exporter dans le monde entier ", il rétorqua aux scientifiques indiens outrés que l'astrologie était une science reconnue même en France puisque la Sorbonne l'avait honorée d'un doctorat. |
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Le hideux visage de l'extrêmisme catholique |
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Écrit par Administrator
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01-12-2005 |
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Le 15 novembre 2005, la Ligue des Familles Polonaises, avec le soutien de l'Église catholique polonaise, de l'Association polonaise de protection de la vie humaine et de quelques députés européens polonais appartenant à la majorité gouvernementale polonaise, a présenté dans l'enceinte du Parlement Européen, à Strasbourg, une exposition mettant explicitement sur le même pied l'Interruption Volontaire de Grossesse(IVG) et le massacre organisé des juifs dans les camps nazis. Ce qui revient à traiter d'assassins les médecins qui pratiquent l'IVG, de nazis ceux qui défendent le droit des femmes à disposer de leur corps et de criminelles les femmes qui choisissent de mettre un terme à une grossesse non désirée plutôt que de mal élever leur enfant à venir ou de devoir l'abandonner.
L'exposition a été retirée, mais l'affront reste, et aussi l'avertissement. Dans tous les pays, la droite catholique, ouvertement appuyée par l'Église et le pape, cherche à remettre en cause le droit très difficilement acquis à l'IVG et à empêcher les pays européens de légaliser l'IVG sans les restrictions qui la rendent dans les faits impossible.
Il est clair aussi que l'Église cherche à utiliser les institutions européennes dans ce but. Le débat sur l'héritage chrétien de l'Europe n'était pas et n'est pas une simple question de mots. Réagissons avant qu'il soit trop tard. Il y a en Europe beaucoup de citoyens qui ne supportent plus l'emprise des Églises sur leur vie quotidienne, ni ce type d'insulte. Avec eux, nous pourrons faire vivre et développer la laïcité, même dans les pays où l' Église reste puissante. Mais pour cela, il faut agir. Les manifestations du 10 décembre sont un premier pas. |
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Jules, réveille-toi ! |
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Écrit par Michel Henry (trésorier de l'UR)
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18-09-2005 |
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Monsieur Gilles de Robien est l'actuel Ministre de l'Éducation Nationale.
On pourrait croire qu'il est de ce fait mandaté pour assurer la défense et la promotion de l'École de la République, publique et laïque.
On pourrait souhaiter qu'au sein du gouvernement il se fasse l'interprète des familles pour que les enfants soient accueillis dans cette école dans les meilleures conditions possibles.
On pourrait s'attendre à ce qu'il soit le maître d'œuvre du plus bel investissement que la nation puisse consentir : l'instruction et la formation professionnelle des jeunes.
On serait très naïfs. Monsieur de Robien fait d'autres choix.
Traitant avec une extrême rigueur les lycéens qui ont osé exprimer dans les rues leur opposition à la loi préparée à la hussarde par son prédécesseur rue de Grenelle, il multiplie en cette rentrée calamiteuse les fermetures de classes, les regroupements de sections, les suppressions de postes, dont l'accumulation déstabilise le système éducatif entier.
Monsieur de Robien évite soigneusement de venir présenter sa politique devant les radios et télévisions publiques et ne répond pas aux multiples interpellations des acteurs et usagers mécontents.
Par contre, Monsieur de Robien s'exprime sur Radio Notre-Dame et visite des collèges privés. |
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A propos de l'énergie nucléaire et du changement climatique |
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Écrit par Pierre Bacher
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02-09-2005 |
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Nous remercions Pierre Bacher, Membre du Conseil scientifique de l'association "Sauvons le climat", de nous avoir autorisé à reproduire ici ce texte. Il a été publié, légèrement raccourci, dans le courrier des lecteurs du Monde du 8 septembre. |
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Cancers et pollution, un lien ténu |
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Écrit par Jean-Pierre Camilleri, Hélène Langevin Joliot
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28-05-2005 |
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LES CANCERS DE LA POLLUTION
A sa suite d’un colloque organisé à l’UNESCO le 7 mai 2004 par l’Association française pour la recherche thérapeutique anti-cancéreuse (ARTAC), était lancé l’APPEL DE PARIS alertant l’opinion sur les risques que fait courir la pollution atmosphérique à la santé de la population. L’ARTAC a voulu inclure le cancer au premier rang de ces risques en allant jusqu’à déclarer : « de nombreux scientifiques considèrent donc maintenant que l’environnement et, en particulier, la pollution physico-chimique ont un rôle majeur pour expliquer la genèse des cancers », ce qui est manifestement excessif.
L'Union rationaliste attache une grande importance à la transmission impartiale et objective vers le grand public des informations scientifiques disponibles. Après la publication récente des nouveaux chiffres d'augmentation des cancers en France, sans indications complémentaires de nature à permettre à chacun une appréciation raisonnée de la situation, une mise au point sur le sujet a été préparée. Ce texte, légèrement raccourci, a été publié par le journal Le Monde. |
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Retour du délit de blasphème |
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Écrit par Le bureau de l'Union Rationaliste
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23-05-2005 |
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L’Union Rationaliste n’aime pas les provocations. Elles n’aboutissent souvent qu’à permettre aux plus extrémistes d’opérer autour d’eux, au nom de la défense des « valeurs », de larges rassemblements. La profanation du Coran par des militaires américains a donné l’occasion, partout dans le monde, aux musulmans les plus fanatiques, de se présenter en seuls défenseurs de l’Islam. Brûler un drapeau américain est une image que les télévisions adorent, mais qui jette dans les bras de la droite américaine des gens normalement plus modérés. |
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Courrier du bureau de l'UR à la FHE. |
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Écrit par Gérard Fussman, Secrétaire général de l'Union Rationaliste
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19-03-2005 |
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L'Assemblée Générale annuelle de l'Union rationaliste, réunie à Paris le 19 mars 2005, a approuvé les contacts pris avec G. Liénard et décidé de renforcer nos liens avec la Fédération humaniste européenne (FHE), à laquelle nous sommes maintenant adhérents et dont il est le président.
L'Union rationaliste désirerait que la FHE évoquât avec le président de la Commission européenne les points suivants ;
- refus de donner aux églises et aux organisations religieuses un statut privilégié dans l'Union européenne. Les organisations religieuses n'ont pas à bénéficier d'un " plus " par rapport aux organisations laïques ou non confessionnelles. Nous ne leur reconnaissons aucune supériorité morale, aucune transcendance.
- pour cette raison nous refusons que l'école serve de relais aux églises. La liberté de pensée et d'exprimer sa pensée suppose le refus de l'endoctrinement, religieux ou politique, des enfants. Ni l'église ni les organisations politiques n'ont leur place à l'école.
Nous protestons contre la violation de la liberté de conscience dans tous les pays européens où il faut déclarer sa religion et éventuellement son absence de religion pour être dispensé de payer la taxe d'église. Cette déclaration est dans les faits une tentative d'intimidation vis-à-vis de tous ceux qui n'appartiennent pas à la religion dominante et peut devenir un moyen de discrimination en fonction des opinions professées.
Nous protestons contre les mesures effectives de discrimination dans les pays de l'UE où écoles, services sociaux et de santé sont confiés à des organisations religieuses ou se déclarant telles. De fait et parfois de jure cela correspond à des interdictions professionnelles vis-à-vis de ceux qui n'appartiennent pas à ces organisations et les prive des services pourtant subventionnés par l'Etat qu'elles sont censées rendre et que parfois elles rendent.
Nous protestons contre toutes les mesures de restriction de liberté prises sous la pression des organisations religieuses, et en particulier contre les limitations du droit à l'avortement non fondées sur le souci de préserver la santé de la future mère et les lois contre le blasphème.
Nous demandons enfin aux services juridiques de la Commission de vérifier si les concordats passés entre le Vatican et de nombreux Etats à majorité supposée catholique ne violent pas le principe de la séparation de l'Eglise et de l'Etat.
Pour l'Union rationaliste
Gérard Fussman
Secrétaire Général |
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Courrier d'Hélène Langevin-Joliot, présidente de l'UR, a la secrétaire nationale du P.C.F.(et répons |
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Écrit par Le bureau de l'Union Rationaliste
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25-02-2005 |
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Lettre du bureau de l'Union rationaliste à la secrétaire nationale du Parti communiste français, s'étonnant de l'initiative prise en faveur de l'enseignement du fait religieux (amendement 136 au projet de loi d'orientation pour l'avenir de l'école) et réponse de Marie-George Buffet. |
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