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UNION RATIONALISTE

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Les rationalistes réagissent... et débattent!

Les droits de l’animal, un concept dur à avaler ? Georges Chapouthier
Droits de l'animal ou protection des animaux? Réponse à Georges Chapouthier, Jean-Pierre Digard.
De la laïcité selon les tribunaux italiens.
Le hideux visage de l'extrêmisme catholique.
"Le CNRS la tête dans les étoiles".
Pétition. "Une nouvelle offensive du créationnisme". (Texte .rtf)
"A propos de l'energie nucleaire et du changement climatique" (2 septembre 2005) Nous remercions Pierre Bacher, Membre du Conseil scientifique de l'association "Sauvons le climat", de nous avoir autorisé à reproduire ici ce texte. Il a été publié, légèrement raccourci, dans le courrier des lecteurs du Monde du 8 septembre.
Jules, réveille-toi ! (18 septembre 2005)
Retour du délit de blasphème
Les cancers de la pollution
Courrier d'Hélène Langevin-Joliot, présidente de l'UR, a la secrétaire nationale du P.C.F.(et réponse de M.G. Buffet)
Courrier du bureau de l'UR à la FHE.


De la laïcité selon les tribunaux italiens.

Selon les informations dont nous disposons, le juge Luigi Tosti a été condamné le 18 novembre 2005 à 7 mois de prison et 1 an de suspension. Son crime ? Le juge refuse de rendre justice sous un crucifix.

La constitution républicaine de l’Italie promulguée le 27 décembre 1947 stipule que tous les citoyens « sont égaux devant la loi, sans distinction de sexe, de race, de langue, de religion » (Art. 3), mais l’Italie continue de vivre sous le régime du concordat signé le 11 février 1929 avec le Vatican par Benito Mussolini, chef du gouvernement de l’époque. Ce concordat a été renouvelé en 1984 par le socialiste Bettino Craxi. Explique qui pourra. Dans ce cadre, le gouvernement Berlusconi, ou les juges qui ont condamné leur collègue Luigi Tosti, ont remis en vigueur une circulaire fasciste, datant de 1926, jamais abrogée depuis, qui fixe que des crucifix doivent être visibles dans les tribunaux italiens. C’est pour avoir, malgré cette circulaire, ôté le crucifix de la salle d’audience, puis avoir refusé de siéger sous le crucifix remis en place que le juge Tosti a été ainsi lourdement et pénalement sanctionné. En voulant respecter la constitution italienne, le juge Tosti se serait donc mis hors-la-loi.

Nous ne pouvons laisser passer cette nouvelle manifestation d’extrêmisme religieux. Elle fait éclater au grand jour l’hypocrisie de ceux qui proclament qu’un concordat ou une religion d’état sont compatibles avec la laïcité. Nous appelons à la plus large protestation et, pour être plus efficaces, nous prenons contact avec nos partenaires, les organisations qui appelent à la manifestation nationale du 10 décembre et celles qui organisent le même jour à Paris le colloque "pour une laïcité à l’échelle du monde au XXIe siècle".

Paris, le 5 décembre 2005.

L’Union Rationaliste


Le hideux visage de l'extrêmisme catholique

Le 15 novembre 2005, la Ligue des Familles Polonaises, avec le soutien de l'Église catholique polonaise, de l'Association polonaise de protection de la vie humaine et de quelques députés européens polonais appartenant à la majorité gouvernementale polonaise, a présenté dans l'enceinte du Parlement Européen, à Strasbourg, une exposition mettant explicitement sur le même pied l'Interruption Volontaire de Grossesse(IVG) et le massacre organisé des juifs dans les camps nazis. Ce qui revient à traiter d'assassins les médecins qui pratiquent l'IVG, de nazis ceux qui défendent le droit des femmes à disposer de leur corps et de criminelles les femmes qui choisissent de mettre un terme à une grossesse non désirée plutôt que de mal élever leur enfant à venir ou de devoir l'abandonner.
L'exposition a été retirée, mais l'affront reste, et aussi l'avertissement. Dans tous les pays, la droite catholique, ouvertement appuyée par l'Église et le pape, cherche à remettre en cause le droit très difficilement acquis à l'IVG et à empêcher les pays européens de légaliser l'IVG sans les restrictions qui la rendent dans les faits impossible.
Il est clair aussi que l'Église cherche à utiliser les institutions européennes dans ce but. Le débat sur l'héritage chrétien de l'Europe n'était pas et n'est pas une simple question de mots. Réagissons avant qu'il soit trop tard. Il y a en Europe beaucoup de citoyens qui ne supportent plus l'emprise des Églises sur leur vie quotidienne, ni ce type d'insulte. Avec eux, nous pourrons faire vivre et développer la laïcité, même dans les pays où l' Église reste puissante. Mais pour cela, il faut agir. Les manifestations du 10 décembre sont un premier pas.


LE CNRS, LA TÊTE DANS LES ÉTOILES

Le gouvernement français proclame son attachement à la recherche, son respect pour les chercheurs, et son souci de promotion des femmes. L'attachement à la recherche se traduit par un projet de " pacte pour la recherche " que les intéressés ont qualifié d' " énorme déception ". Le respect pour les chercheurs et le souci de promotion des femmes ont probablement inspiré la composition du nouveau Conseil d'Administration du CNRS. Il ne comptera plus qu'une seule femme, sur 21 membres, au lieu de sept précédemment. Il jouera à plein son rôle d'orientation sur le long terme puisque le gouvernement a imposé la nomination du Professeur Maffesoli, sociologue et directeur de la thèse de Mme Elizabeth Tessier, astrologue de la République (F. Mitterrand, laisse-t-elle entendre, la consultait), ainsi devenue docteur es lettres après avoir défendu l'idée d'un " déterminisme astral, s'ajoutant au déterminisme psychologique et au déterminisme génétique *". S'appuyant, via M. Maffesoli, sur les travaux de Mme Tessier, le CNRS pourra désormais répartir au mieux les pauvres crédits que le gouvernement voudra bien lui attribuer. Il pourra aussi disserter sur l'avenir de la parité et le respect qu'il porte au 57% de femmes qu'il emploie.

*On aurait tort de sous-estimer l'influence française dans le monde. Quand le gouvernement indien décida en 2001 d'instituer des chaires d'astrologie dans les Universités d'état indiennes pour " permettre à cette connaissance scientifique de se diffuser dans la société et permettre de l'exporter dans le monde entier ", il rétorqua aux scientifiques indiens outrés que l'astrologie était une science reconnue même en France puisque la Sorbonne l'avait honorée d'un doctorat.


 

PÉTITION

Une nouvelle offensive du créationnisme.


Depuis la formulation de la doctrine de l'évolution par Darwin, les fondamentalistes ont essayé d'en interdire l'enseignement parce qu'il contredit les récits de la création du monde que l'on trouve dans la Bible et le Coran. Le mouvement est particulièrement fort dans les pays musulmans, aux USA et en Australie. Le cas des USA est potentiellement inquiétant car les USA sont le pays qui domine la recherche scientifique. Si l'enseignement y accordait officiellement une place aux récents avatars du créationnisme, il ne manquerait pas de gens en Europe pour en tirer avantage et se prévaloir de ce précédent pour y imposer son enseignement.
Aux USA, le choix des programmes dépend des comtés et des états (States). Une première tentative a consisté à interdire dans l'état du Tennessee l'enseignement du darwinisme. Ce fut le sujet en 1925 d'un procès célèbre, un enseignant ayant refusé d'obtempérer. Vint ensuite une tentative, dans plusieurs états américains, d'imposer l'enseignement du créationnisme et du darwinisme sur une base égale. Cette décision fut annulée par la Cour Suprême car le créationnisme est une doctrine manifestement religieuse alors que le darwinisme relève de la science. Les créationnistes comprirent la leçon. Au lieu de nier l'évolution, ils essayèrent de montrer qu'elle implique l'existence d'un " intelligent design ", Voltaire aurait-dit : d'un bon horloger. Malgré les protestations des milieux scientifiques, en particulier de l'Académie des Sciences des USA, cet " intelligent design " doit maintenant être enseigné de pair avec la doctrine classique (néo-darwinienne) de l'évolution dans de nombreux états, dont la Californie. Un procès est en cours en Pennsylvanie. Le Président G. Bush vient de se déclarer en faveur de ce type d'enseignement. Le danger est grand que ce dévoiement s'étende à l'ensemble des USA et de là à l'ensemble du monde.
C'est pourquoi les Brights, relayés en France par notre ami Michel Naud, ont lancé sur Internet une pétition à laquelle l'Union Rationaliste s'associe et qu'elle vous appelle à signer. En voici le texte, traduit en français par M. Naud.

Un certain nombre de " bureaux d'éducation " et de communautés religieuses tentent d'introduire la théorie de l' " intelligent design " (ID) dans les programmes de sciences des écoles publiques américaines. Il est possible que les promoteurs de cette théorie pensent sincèrement qu'elle a une crédibilité scientifique. Mais certains, peut-être, visent à introduire par ce biais des croyances religieuses dans les programmes d'enseignement des sciences. Quelles que soient les intentions de ses promoteurs, la théorie de l' " intelligent design " est en contradiction avec la définition de la science et doit être rejetée : elle n'a pas sa place dans un programme d'enseignement des sciences. Pour dire les choses simplement , l' Intelligent Design n'est pas de la science. La science entretient un rapport expérimental avec la réalité. La caractéristique la plus importante de la méthode scientifique est que les hypothèses à propos du monde naturel puissent être testées, faire l'objet d'expériences reproductibles, et être vérifiées. Contrairement aux acquis scientifiques de la théorie de l'évolution de la vie sur terre, les explications de l'ID postulent des hypothèses qui ne peuvent être ni observées ni validées. En postulant que l'existence d'un concepteur est nécessaire pour rendre compte de l'origine et du développement de la vie, l'Intelligent Design rompt avec la science en tant que discipline.

Il n'y a pas de meilleur outil que la méthode scientifique, avec ses processus rigoureux de confirmation, pour comprendre notre monde. Aucune nation ne peut espérer bien se porter si ses citoyens sont entretenus dans la confusion ou désinformés en ce qui concerne la science. Le mouvement de l'Intelligent Design empêche de donner aux étudiants l'enseignement nécessaire à notre monde, où les sciences occupent une place incontournable. L'Intelligent Design constitue une menace sérieuse contre l'intégrité de l'enseignement des sciences telle que des scientifiques doivent la concevoir.

Pour signer la pétition : http://the-brights.net/polls/phpQJr/poll.php?pid=17

Pour savoir qui sont les brights: http://brightsfrance.free.fr




 

Jules, réveille-toi !


Monsieur Gilles de Robien est l'actuel Ministre de l'Éducation Nationale.
On pourrait croire qu'il est de ce fait mandaté pour assurer la défense et la promotion de l'École de la République, publique et laïque.
On pourrait souhaiter qu'au sein du gouvernement il se fasse l'interprète des familles pour que les enfants soient accueillis dans cette école dans les meilleures conditions possibles.
On pourrait s'attendre à ce qu'il soit le maître d'œuvre du plus bel investissement que la nation puisse consentir : l'instruction et la formation professionnelle des jeunes.
On serait très naïfs. Monsieur de Robien fait d'autres choix.
Traitant avec une extrême rigueur les lycéens qui ont osé exprimer dans les rues leur opposition à la loi préparée à la hussarde par son prédécesseur rue de Grenelle, il multiplie en cette rentrée calamiteuse les fermetures de classes, les regroupements de sections, les suppressions de postes, dont l'accumulation déstabilise le système éducatif entier.
Monsieur de Robien évite soigneusement de venir présenter sa politique devant les radios et télévisions publiques et ne répond pas aux multiples interpellations des acteurs et usagers mécontents.
Par contre, Monsieur de Robien s'exprime sur Radio Notre-Dame et visite des collèges privés.
Ce qu'il y a déclaré a dû faire se retourner Jules Ferry dans sa tombe :
" Avoir le choix est une liberté de plus qu'offre l'enseignement privé, une chance à la portée de main à saisir ou non. Il faut donc donner une égalité de moyens à l'enseignement public et privé pour que ce choix puisse s'exercer ".
Poursuivant, le Ministre fait fi des principes fondateurs de notre Instruction publique : " Le privé, c'est aussi l'Éducation nationale, l'école de la République ", ajoutant : " L'école de la République qu'elle soit catholique privée ou publique doit adapter son offre d'éducation à la diversité de l'humain ".
Des syndicats ont protesté, rappelant qu'il n'y a qu'une seule école de la République : l'école publique et laïque.
L'école publique et laïque a été créée pour faire accéder les enfants à la pensée critique et rationnelle et aux connaissances libérées du dogmatisme et de tout obscurantisme. La liberté de penser et d'apprendre ne peut être garantie que dans un contexte de laïcité, principe fondateur de notre République inscrit dans le préambule de sa constitution.

Michel Henry (trésorier de l'UR) le 18 sep 2005.


Retour du délit de blasphème

L’Union Rationaliste n’aime pas les provocations. Elles n’aboutissent souvent qu’à permettre aux plus extrémistes d’opérer autour d’eux, au nom de la défense des « valeurs », de larges rassemblements. La profanation du Coran par des militaires américains a donné l’occasion, partout dans le monde, aux musulmans les plus fanatiques, de se présenter en seuls défenseurs de l’Islam. Brûler un drapeau américain est une image que les télévisions adorent, mais qui jette dans les bras de la droite américaine des gens normalement plus modérés.

Le droit à la critique, y compris par le ridicule, est tout autre chose. C’est une grande conquête républicaine. Il est de plus en plus menacé. Le rappel à l’ordre des « Guignols » après un sketch sur le passé de Benoît XVI et le blâme encouru par L. Chagnon pour avoir évoqué la vie de Mohammad en employant des mots de tous les jours sont, on le sent bien, non pas des rappels à l’ordre et à la bienséance, mais des tentatives d’étouffer une critique des croyances et des autorités religieuses qui s’appuie sur des faits réels. L’interdiction faite à la Société Volkswagen, par un tribunal français, d’utiliser une reproduction détournée de La Cène pour vanter les mérites de ses produits va bien au-delà : c’est une reconnaissance non pas de la sensibilité des catholiques français, qui ne semblent guère avoir été émus par cette publicité, mais du caractère sacré de la personne de Jésus et de ce qui est censé avoir été son dernier repas avec les Apôtres. Ce ne sont pas des choses dont on a droit de se moquer, Monsieur !

L’Église catholique n’a jamais reproché à Offenbach de s’être moqué de Vénus et de Zeus. Mais, bientôt l’on ne pourra, sans risque judiciaire, plaisanter sur la virginité de Marie et la crédulité de Joseph. Il sera interdit d’utiliser un tableau de la Nativité pour une publicité Prénatal, une image de l’Annonciation pour les téléphones portables. Il faudra aussi jeter au feu les tableaux de Dali, entre autres. Depuis quelques années ainsi, au nom du respect pour autrui, la société française s’oriente vers la sacralisation des croyances religieuses et nationalistes : dire du mal de la charia est être islamophobe, dénoncer la colonisation israélienne de la Palestine est être antisémite. Il faut stopper cette dérive.

On connaît la conséquence extrême du délit de blasphème : le supplice du Chevalier de La Barre. En terre d’islam, le supposé blasphème est toujours puni de mort : Salman Rushdie a beaucoup de chances d’être encore vivant, mais il a dû vivre caché et protégé pendant des années. Hier, deux bombes ont éclaté dans un cinéma de Delhi où était projeté un film jugé blasphématoire par les extrémistes sikhs. Des catholiques français avaient fait de même, il y a quelques années, dans un cinéma du Boulevard Saint-Michel qui passait un film de Martin Scorsese "La dernière tentation du Christ" . Nous ne voulons pas de cela, nous ne voulons plus de cela ni en France, ni en Europe, ni dans le monde. La droit à la critique des religions, des nationalismes, des hommes politiques et des symboles est une des libertés fondamentales durement acquises par les Républicains. Nous ne pouvons tolérer qu’il soit remis en cause au nom du respect de croyances, d’institutions, de personnages réels ou imaginaires que beaucoup de gens considèrent comme très peu respectables. Nous trouvons normal que ceux qui les tiennent pour respectables le pensent, le disent et cherchent à le démontrer. Qu’ils nous permettent et de penser le contraire, et de dire le contraire, et de démontrer le contraire sous les formes que nous choisirons.

C’est pour cela que l’Appel lancé par la Libre Pensée et l’Union des Athées nous semble le bienvenu. Il faut défendre la liberté d’opinion et d’expression. L’intolérance n’est pas le fait des laïques et des rationalistes. Ne laissons pas le champ libre aux fanatiques et aux extrémistes de tous bords.

Le 23 mai 2005

Le bureau de l’UR


Signez l’Appel des 666 lancé par la Libre Pensée et l’Union des Athées.


 

Lettre du bureau de l'Union rationaliste à la secrétaire nationale du Parti communiste français, s'étonnant de l'initiative prise en faveur de l'enseignement du fait religieux (amendement 136 au projet de loi d'orientation pour l'avenir de l'école) et réponse de Marie-George Buffet.

Union Rationaliste

Chère amie,

Le bureau de l'Union rationaliste n'a bien évidemment pas de légitimité pour interférer avec les débats qui se déroulent au sein du Parti Communiste Français et les décisions politiques qui en découlent. Néanmoins le Parti Communiste et l'Union rationaliste ont en commun de longue date le souci de défendre la laïcité. C'est pourquoi il nous semble normal que notre bureau vous fasse part de l'étonnement de notre association et de la stupéfaction réprobatrice de nombre de ses adhérents.

C'est avec stupéfaction que nous avons appris que ce sont des bancs du groupe communiste de l'assemblée nationale, par la voix de Monsieur Jean-Pierre Brard, député-maire apparenté communiste de Montreuil, qu'un amendement (le n°136) à la loi d'orientation sur " l'avenir de l'école " a été déposé le 14 février, puis adopté dans la nuit du 18 février avec les voix du groupe communiste, aux fins d'introduire l'enseignement du fait religieux à l'école.

Alors que les lycéens, les enseignants et plus généralement les citoyens de notre pays, s'interrogent sur le sens qu'il convient d'attribuer au concept de " socle minimal de connaissances dans l'enseignement ", ne croyez vous pas qu'il est particulièrement mal venu que les élus communistes et apparentés viennent " éclairer " ce débat d'orientation en y déplorant de la tribune de l'assemblée nationale " l'analphabétisme religieux des jeunes " et en proposant et faisant voter en séance de nuit, sous les applaudissements de ceux qui étaient, en d'autres temps, désignés comme " le parti clérical ", l'introduction d'un " enseignement du fait religieux " à l'école publique ?

Au sein de l'Union rationaliste, comme probablement au sein de votre organisation, les avis sont partagés sur l'enseignement du fait religieux. La question n'est pas là. Nous regrettons que le Parti communiste français, au détour de l'examen de la loi d'orientation sur l'avenir de l'école, puisse laisser penser que pour lui, " l'histoire du fait religieux " fait partie intégrante du " socle minimal de connaissances dans l'enseignement ", alors que dans le même temps des enseignements académiques du tronc commun vont devenir optionnels. Alors que, et nous y sommes particulièrement sensibles à l'Union rationaliste, l'histoire sociale, l'histoire des idées et l'histoire des sciences, autrement importantes pour préparer les jeunes à leurs responsabilités de citoyens sont quasiment absentes de l'enseignement. Une réflexion plus globale sur ces questions aurait pu éviter ce que nous considérons comme une erreur, qui peut se révéler très préjudiciable.

Nous sommes convaincus que vous recevrez ces remarques comme l'expression de l'importance que nous attachons à l'action du Parti communiste français.

Veuillez agréer, chère amie, l'expression de nos sincères salutations.


Pour le bureau, la Présidente, Hélène Langevin-Joliot


Réponse de Marie George Buffet

Paris, le 3 mars 2005


Chers amis,


Vous avez tout à fait raison de nous interpeller sur une question qui vous préoccupe. Nous n'y voyons aucune tentative d'ingérence, mais bien au contraire un sens du débat démocratique. C'est ainsi que nous concevons la transformation sociale.
Notre ami Jean-Pierre Brard est membre du groupe des député-e-s communistes et républicains, mais l'initiative de faire voter cet amendement lui revient entièrement, comme député. Le groupe n'a pas voté cet amendement. Je partage votre opinion : dans un contexte de restriction drastique du champs éducatif, avec tout ce qui disparaît du socle minimal de connaissance cet amendement n'est pas vraiment bienvenu.
Je partage également votre diagnostique concernant la nécessité de mieux préparer les élèves à devenir citoyens. Nous avons récemment adopté un projet pour l'école que nous pourrons vous faire parvenir.
Cela dit, il faudra sans doute entamer une réflexion sur la manière dont le fait religieux dans sa globalité est abordé au cours de l'enseignement. Je n'imagine pas cela hors le développement d'une réflexion sur l'enseignement des grands courants de pensée. Pour appréhender le monde et l'existence, il serait dommageable de les ignorer.
J'apprécie votre démarche et j'entends vos remarques mais ne puis que regretter le fait que vous évoquez.

Veuillez recevoir, chers amis, l'expression de mes sentiments les meilleurs.

Marie George Buffet

Paris, le 25 février 2005



L'Assemblée Générale annuelle de l'Union rationaliste, réunie à Paris le 19 mars 2005, a approuvé les contacts pris avec G. Liénard et décidé de renforcer nos liens avec la Fédération humaniste européenne (FHE), à laquelle nous sommes maintenant adhérents et dont il est le président.
L'Union rationaliste désirerait que la FHE évoquât avec le président de la Commission européenne les points suivants ;
- refus de donner aux églises et aux organisations religieuses un statut privilégié dans l'Union européenne. Les organisations religieuses n'ont pas à bénéficier d'un " plus " par rapport aux organisations laïques ou non confessionnelles. Nous ne leur reconnaissons aucune supériorité morale, aucune transcendance.
- pour cette raison nous refusons que l'école serve de relais aux églises. La liberté de pensée et d'exprimer sa pensée suppose le refus de l'endoctrinement, religieux ou politique, des enfants. Ni l'église ni les organisations politiques n'ont leur place à l'école.
Nous protestons contre la violation de la liberté de conscience dans tous les pays européens où il faut déclarer sa religion et éventuellement son absence de religion pour être dispensé de payer la taxe d'église. Cette déclaration est dans les faits une tentative d'intimidation vis-à-vis de tous ceux qui n'appartiennent pas à la religion dominante et peut devenir un moyen de discrimination en fonction des opinions professées.
Nous protestons contre les mesures effectives de discrimination dans les pays de l'UE où écoles, services sociaux et de santé sont confiés à des organisations religieuses ou se déclarant telles. De fait et parfois de jure cela correspond à des interdictions professionnelles vis-à-vis de ceux qui n'appartiennent pas à ces organisations et les prive des services pourtant subventionnés par l'Etat qu'elles sont censées rendre et que parfois elles rendent.
Nous protestons contre toutes les mesures de restriction de liberté prises sous la pression des organisations religieuses, et en particulier contre les limitations du droit à l'avortement non fondées sur le souci de préserver la santé de la future mère et les lois contre le blasphème.
Nous demandons enfin aux services juridiques de la Commission de vérifier si les concordats passés entre le Vatican et de nombreux Etats à majorité supposée catholique ne violent pas le principe de la séparation de l'Eglise et de l'Etat.
Pour l'Union rationaliste

Gérard Fussman
Secrétaire Général


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