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Les brèves de science et société
L’épidémiologie, science propice à la désinformation
Pr Hélène SANCHO-GARNIER (correspondant national de l'Académie Nationale de Médecine)
« L’épidémiologie étudie la dynamique des phénomènes de santé en relation avec les caractéristiques des populations humaines et de leur environnement, elle en déduit des hypothèses sur les facteurs qui déterminent ces états de santé » (D. Schwartz).
Science d’observation et de déduction, elle est science d’incertitude, seule une méthodologie rigoureuse et une interprétation prudente associées à des explications biologiques plausibles permettant d’approcher des conclusions de nature causale
.
Si une description correcte des états de santé (incidence, prévalence, mortalité) repose sur la qualité des données et des méthodes de calcul, l’identification des déterminants de santé par des enquêtes est sujette à de nombreuses erreurs qui ne sont pas toujours contrôlables comme les biais d’enquêtes ou les facteurs de confusion. Dans les deux cas, il faut aussi ajouter que l’interprétation de résultats chiffrés passe obligatoirement par des estimations de type probabiliste qui associent aux résultats observés une marge d’erreur (ce que semblent totalement ignorer les producteurs et commentateurs des sondages à l’heure actuelle !). On voit donc combien, de par sa nature même, l’épidémiologie est le terrain propice à la désinformation !
Ainsi au vu d’une seule enquête, même correctement réalisée et éliminant au maximum les possibilités de biais, la relation cause-effet ne pourra être affirmée, car la situation d’observation ne permet pas de contrôler tous les paramètres. Par exemple, si l’on veut étudier le lien entre l’âge à la première grossesse et les cancers du sein, il faut éliminer l’effet de la prise de contraceptifs oraux destiné à retarder cette grossesse… Or combien y-a-t-il à l’heure actuelle de femmes qui pour retarder une première grossesse n’utilisent pas de contraceptifs oraux ?.
Autre problème : les études épidémiologiques ne permettent pas d’affirmer l’absence de risque : ainsi on ne met pas en évidence de lien entre l’exposition à des doses basses de rayonnements ionisants (< 100 mSv) et l’apparition de cancers, mais on ne pourra jamais affirmer que le risque est nul !
Evidemment l’ensemble de ces difficultés est méconnu des « informateurs » de bonne foi et utilisé par ceux de mauvaise foi : Les producteurs de cigarettes pourront toujours trouver des biais aux études épidémiologiques montrant l’effet néfaste du tabac sur la santé, et les lobbyistes pourront continuer à s’agiter sur les risques liés au nuage de Tchernobyl en France !
En apparence, les résultats épidémiologiques, c’est facile à comprendre : le facteur étudié augmente, diminue ou n’agit pas sur l’apparition d’une maladie… en réalité et avant de diffuser une telle conclusion, on doit au minimum se poser les questions suivantes :
1. L’enquête a-t-elle été correctement menée ? les biais et les facteurs de confusion éliminés ou au moins soulignés ?
2. L’analyse statistique est-elle de qualité ? les risques calculés sont-ils significatifs ? (au sens statistique),
3. D’autres études ont-elles trouvé le même résultat ?
4. Y-a-t-il des hypothèses biologiques sous jacentes qui expliquent le résultat ?
5. Si l’on supprime l’exposition à ce facteur observe-t-on une diminution de l’incidence de la maladie ?
Seule cette dernière observation confirmera l’effet direct du facteur sur la maladie.
C’est seulement en présence de réponses affirmatives aux 4 premières questions que l’on peut mettre en place, dans la mesure du possible, des actions préventives dont l’information validée est alors un des outils.
L’EPR est-il dangereux? (Claude Stéphan)*
L’association « Sauvons le climat » a salué le décret autorisant la construction du réacteur nucléaire de troisième génération EPR. (voir le site http://www.sauvonsleclimat.org ) Elle a souligné à nouveau à cette occasion que la poursuite de la production d’électricité nucléaire est la principale alternative réaliste à l’utilisation de combustibles fossiles dans les centrales électriques qui menace le climat de la planète. Elle a rappelé que la décision avait été préparée par les discussions ouvertes organisées par la Commission Nationale du Débat Public en regrettant que les organisations anti-nucléaires s’en soient retirées au premier prétexte.
Une grande confusion règne sur le financement de l’EPR, qui est un investissement rentable, et sur les possibilités des énergies alternatives. Pour un industriel, le nucléaire produit une électricité deux fois moins chère que le gaz et trois fois moins chère que l’éolien. L’obligation de rachat de l’électricité éolienne se retrouve sur la facture du consommateur. Si cette contribution reste faible comme actuellement, l’impact reste marginal. Le projet de construction, d’ici 2015, d’une puissance éolienne 10 fois supérieure à celle de l’EPR, pour une production annuelle d’électricité seulement de l’ordre de 2,5 EPR (le vent fournit une énergie intermittente) soulève des problèmes qui mériterait d’être débattus : l’investissement de 27 milliards d’euros (9 fois l’EPR) devrait être compensé par une augmentation annuelle de 4 milliards d’euros de la facture d’électricité payée par les consommateurs. L’utilisation d’un fort taux d’énergies intermittentes oblige à construire conjointement des centrales thermiques à gaz pour suppléer les manques de vent d’où des rejets de CO2 estimés à 147 millions de tonnes par an.
L’EPR est-il dangereux? Il profite de décennies d’expérience sur ce type de réacteur. Les autorités de sûreté françaises et finlandaises considèrent que l’EPR est le plus sûr des réacteurs à eau pressurisée malgré une augmentation de puissance par rapport aux réacteurs actuels. Les nouveaux dispositifs de sûreté comprennent une double enceinte de béton armé pouvant résister à la chute d’un avion de ligne, un récupérateur du cœur en cas d’accident, des absorbeurs d’hydrogène pour éviter une explosion, la multiplication de systèmes de secours.
Les questions de production d’énergie deviennent d’une importance majeure pour assurer les conditions d’un développement durable. Il est temps de sortir d’affrontements stériles. On avancerait probablement beaucoup en élargissant le champ des débats démocratiques à mener à l’ensemble des modes de production d’énergie, à la comparaison de leurs avantages et de leurs inconvénients respectifs sur la base de données factuelles reconnues par tous.
Le récent débat sur le nucléaire lors du face à face entre les deux finalistes de la présidentielle a encore illustré la confusion extrême qui règne actuellement. L’émission de l’Union rationaliste, animée par Bernard Graber le vendredi 11 mai sur Radio libertaire a été une contribution à la clarification nécessaire. Elle a permis aux invités Jacques Treiner, Professeur de physique théorique à Paris VI et Adrien Bidaud, Maître de conférence à Grenoble dont la thèse a porté sur les réacteurs du futur, d’apporter de nombreuses explications et pistes de réflexions autour du thème de l’émission « Avons-nous besoin du nucléaire ».
Claude Stéphan
*Claude Stéphan est directeur de recherche au CNRS, à l'Institut de Physique Nucléaire (IPN) d'Orsay.
*La Science à la TV* (Georges Jobert):
Beaucoup se plaignent du manque de place accordée par les chaînes de télévision à des émissions scientifiques. Mais, de plus, la qualité des rares qu'ont peut y regarder, laisse souvent à désirer. Leur présentation semble devoir s'accompagner de nombreux effets spéciaux qui perturbent la distinction indispensable entre faits réels et fiction, d'un fonds sonore inutile... Quand ce n'est pas l'association devenue rituelle avec des aspects religieux, comme par exemple dans l'émission "/Ce soir ou jamais/", du 30/1 sur France 3, où deux scientifiques se retrouvaient à discuter de la théorie de l'évolution avec un théologien et un tenant de l'intelligent design.
Le 31/1/7 de 19 h à 19h45, Arte a présenté, dans son émission "/La Terre/", les idées du Prof. Jakob ; pour celui-ci la tectonique de notre planète est due à une expansion considérable : un doublement de son rayon en quelques centaines de millions d'années. Ses dires étaient abondamment illustrés par des expériences menées par quelques ingénieurs sur des modèles réduits (ballons de caoutchouc gonflables). Pas la moindre tentative pour analyser les critiques que l'on peut présenter contre cette idée, déjà considérée dans le passé, et facilement rejetée. Une émission à une heure de grande écoute ne suffisant pas, Arte n'a pas hésité à rediffuser cette farce le 7/2 à 16h50. Pour les présentateurs une idée hétérodoxe est plus intéressante à diffuser - et rediffuser - qu'une théorie solide.
Il a fallu des dizaines d'années pour que les idées des tenants de la tectonique des plaques, discutées pas à pas, aboutissent finalement à la fixation du paradigme universellement adopté de nos jours, et modifié conformément à la méthode scientifique chaque fois qu'un fait nouveau nécessite cette modification. Cette démarche, patiente et obstinée, n'est pas à la mode. Il ne faut pas fatiguer les esprits de téléspectateurs impatients et prèts à zapper.L'Union rationaliste tenait ces jours derniers son Colloque "/Débats scientifiques et choix de la société"/ , et la question a ainsi pu être abordée samedi matin lors de la table ronde : "/Face aux nouveaux rapports de la science et de la société,quel rôle pour les scientifiques, quel rôle pour les média /?" On a pu s'y étonner d'entendre qu'un des fondateurs de la tectonique des plaques considérait que ce problème ne méritait pas qu'on s'insurgeât. C'est faire peu de cas de l'influence de la télévision sur l'esprit de spectateurs souvent mal préparés à exercer un esprit critique salvateur devant les inepties qu'elle présente.
La section des Sciences de l'Univers, informée par un de nos membres, discutera de cette question lors de sa prochaine réunion.De son côté, La Fédération nationale de la Libre pensée, alertée par sa Commission Sciences, a publié le 9/2/7 un communiqué de presse :POUR DES EMISSIONS TELEVISUELLES VERITABLEMENTSCIENTIFIQUES ! **NON A LA CONFUSION DES GENRES !*.
* voir le site de la LP http://librepenseefrance.ouvaton.org/
Qu’est-que l’A.I.E.A., l’ Agence Internationale pour l’Energie Atomique (ou I.A.E.A. en anglais)
L’agence internationale pour l’énergie atomique est une organisation qui dépend directement du conseil de sécurité des Nations-Unies. Créée en 1953 à l’initiative du président Eisenhower, elle cherche à promouvoir les usages pacifiques de l’énergie nucléaire et à limiter le développement de ses applications militaires. L’ A.I.E.A. et son président Mohamed ElBaradei ont obtenu le prix Nobel de la paix en 2005 ; «Pour les efforts qu’ils déploient afin d’empêcher que l’énergie nucléaire soit utilisée a des fins militaires et afin que l’énergie nucléaire a vocation pacifique soit utilisée de la façon la plus sure possible»
C’est la découverte de la fission en 1938 suivie par la mise en évidence de la réaction en chaine qui démontrèrent la possibilité d’exploiter l’énergie considérable dégagée dans un processus nucléaire.
Les premières bombes nucléaires et le développement des premiers réacteurs nucléaire révélaient l’ambivalence de ce « feu » nucléaire dont venait de se doter l’humanité. Il s’agit en effet d’une découverte très récente à l’échelle de l’histoire humaine. Les pays qui ont initié ces développements techniques en ont mesuré les dangers potentiels.
Apres quelques années de négociations, le général Eisenhower a proposé un programme de coordination, axé sur « l’atome pour la paix » ; il s’agissait de démonter les têtes nucléaires militaires et des convertir en combustible pour les centrales nucléaires destinées à produire de l’énergie. La proposition débouchait, après un certain nombre de conférences, sur la création de l’A.I.E.A. dont l’objectif est le contrôle des matériaux fissiles, de leur dissémination et du respect des traités ainsi que la promotion de l’atome pour des usages d’intérêt civil. Ces deux objectifs ont été atteints dans nombre de situations délicates ;
La détection de tests nucléaires souterrains est maintenant possible. Récemment l’agence a pu démontrer qu’il n’y avait pas d’armes nucléaires en Iran. Ce qui n’a pas empêché le déclenchement d’une guerre catastrophique. Cependant le faux prétexte a rendu cette guerre illégale.L’agence s’est engagée dans les applications médicales de l’atome. En médecine, le diagnostic comme la thérapie des cancers doivent beaucoup a la radioactivité et aux faisceaux d’ions. L’éradication d’ insectes véhicules de pandémies, comme la mouche tsétsé a été réalisée avec le support financier et technique de l’agence.
L’A.I.E.A. contrôle également le fonctionnement des réacteurs producteurs d’électricité et la gestion de leurs déchets.
L’agence permet la mise en commun nécessaire de problèmes et de techniques liées à l’atome au niveau planétaire.Au niveau militaire les 5 pays permanents au conseil de sécurité ont le monopole de la dissuasion grâce à la bombe. Ce monopole confère une certaine inviolabilité du territoire et chaque puissance souhaite entrer dans ce club.
La dégradation des têtes nucléaires et leur transformation en combustible rencontrent de sérieux obstacles politiques. Si de nombreuses armes ont été démantelées après l’effondrement du pacte de Varsovie permettant un certain espoir la politique de dissuasion, effective pendant plus de 50 ans, a finalement gagné et chacun des 5 états « nucléaires » du conseil de sécurité conserve un arsenal redondant.
Par ailleurs d’autres états possèdent l’arme atomique et le savoir faire relatif au nucléaire civil permet assez rapidement de produire une bombe. La dissémination existe de fait.« Alors que les efforts de désarmement semblent au point mort, qu’il existe un risque que des états et des groupes terroristes se procurent des armes nucléaires et que le nucléaire semble à nouveau jouer un rôle croissant, l’action de l’I.A.E.A. revêt une immense importance ».
Comment créer un environnement dans lequel les armes nucléaires, au même titre que l’esclavage et le génocide, seront considérées comme un tabou et une anomalie de l’histoire.
Il convient d’empêcher le passage du nucléaire civil vers le militaire en initiant de nouvelles méthodes techniques, après accords de toutes les parties.
On ne pourra aller vers un recul de la menace que si les puissances nucléaires s’entendent pour coordonner un désarmement nucléaire graduel progressif et contrôlé.A consulter: WWW.IAEA.ORG
Michel Naud, adhérent de la section de Loire-Atlantique de l'Union Rationaliste, a consacré l'éditorial du bulletin électronique d'informations scientifiques #16 juillet-Août 2005 de l'association Nantes atlantique pour l'information scientifique (ANAIS, un comité de l'AFIS) aux mêmes questions. Cet éditorial, s'opposant au "fondamentalisme écologiste" et dénonçant les destructions de parcelles expérimentales de végétaux transgéniques par les "activistes anti-OGM", peut être lu en ligne sous le titre "de la triste rengaine estivale des activistes anti-OGM" à l'adresse http://afis44.free.fr/anais16.htm
Paris le 31 août 2005
Monsieur Noël Mamère
Mairie
33130 Bègles
Cher Monsieur,
Vous navez peut-être pas gardé le souvenir de léchange de lettres entre nous de lété dernier, aussi je me permets de le joindre à cette lettre.
Je crains que les évènements récents ne me donnent raison.
Les quinze faucheurs volontaires d'OGM de Nonette ne sen sont pas pris à une multinationale capitaliste et mondialiste mais à une PME bien française malgré son nom, la société Meristem Therapeutic, qui sefforce de faire produire à son maïs modifié la lipase gastrique qui manque aux malades atteints de mucoviscidose.
La réponse des faucheurs à un enfant atteint de cette maladie et à ses parents était affligeante, révoltante, scandaleuse. On croyait entendre les témoins de Jéhovah refusant la transfusion sanguine à lune de leurs jeunes femmes saignée à blanc dans ses suites de couches au nom dun verset de la Bible. Cest la bêtise au front de taureau qui fauchait à Nonette ce 27 août !Le Monde a rapporté les arguments des avocats dans la séance de comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand : « Ce nest pas une affaire judiciaire mais une affaire politique. Vous parlez dordre public. Mais lintérêt général ? De celui-ci, vous ne parlez pas. Il y a là un problème de démocratie, alors que 80% des gens en France sont opposés aux OGM. »
Je ne sais pas si cet appel à la démocratie a des chances de convaincre les juges de détourner des délinquants le glaive de la justice mais, pour ma part, il ne me convainc pas. Passe encore de donner la préséance à la démocratie directe sur la démocratie représentative et à se satisfaire de sondages quelconques pour lexercice de cette démocratie directe (doù sortent ces 80% ?) mais de quelle démocratie parle-t-on ?
La démocratie ne vaut quéclairée (cf. Spinoza) et éclairée ne veut pas dire illuminée par quelque révélation impérieuse et définitive. Il ne devrait pas être bien difficile de démontrer à ces militants que cette peur devant le progrès dautres lont eu avant eux devant la première machine à vapeur, la première locomotive, la première voiture automobile, larrivée du courant électrique ou du téléphone. Ces faucheurs se déplacent en voiture et ont probablement tous des portables.
Sil est vrai que 80% des Français partagent cette peur des OGM, il est grand temps, en effet, déclairer lopinion.
Cest à lhomme des médias que je madresse cette fois-ci puisque, si vous étiez à Verdun-sur-Garonne, vous nétiez pas à Nonette. Comment sy prendre pour exposer clairement le problème à la population sans plaidoyer ni réquisitoire, avec la volonté dexpliquer et non de convaincre, sans langage ésotérique ni simplification infantile mais sans craindre les métaphores. On rêve dune émission TV en prime time qui aurait pour seul objectif de faire comprendre, sans ténors ni grandes gueules, loin de cette politique spectacle dont la TV est si friande aux dépens, finalement, de la démocratie.
Jimagine que vous partagez ma préoccupation mais je ne sais pas si vous avez une réponse. Ce serait formidable
Avec mes plus cordiales salutations.
Bernard GRABER
Médecin, membre de lUnion rationaliste
Aix-les-Bains le 26 juillet 2004
Monsieur Noël Mamère
Mairie
33130 Bègles
Cher Noël Mamère,
Vous faites incontestablement partie des homme politiques qui ont la confiance des Français par votre franc-parler, votre indépendance et votre courage politique. Vos interventions ont un grand retentissement et votre responsabilité en est d'autant plus grande.
Permettez-moi de vous exprimer ma déception de vous avoir découvert parmi les " faucheurs volontaires " de Verdun-sur-Garonne.
La grande force de l'écologisme est sa défense de l'individu contre les abus des pouvoirs affichés ou occultes, notamment économiques. L'individu est faible ; il est facile de le berner ou de le manipuler et la protection de son libre arbitre est certainement l'une des plus belles tâches qui soient.
Mais les abus de pouvoir ne viennent pas que des puissances d'argent. Il y a des " abus de faiblesse " comme dit le code pénal qui viennent de gourous de tous ordres, de ces fondateurs de chapelles ou d'églises, de bonne ou de mauvaise foi, qui s'entendent à exploiter la crédulité du pauvre monde et sa peur de l'inconnu.
Je crains bien que les imprécateurs contre les OGM n'en fassent partie.
Je sais bien que l'introduction dans l'agriculture de ces nouveaux végétaux à génome manipulé se fit très mal du fait de la hâte de Monsanto à exploiter et à protéger ses brevets, comme l'énergie nucléaire a mal débuté avec Hiroshima, mais de l'eau a passé sous les ponts et on a eu le temps depuis d'observer, de comparer et de réfléchir.
Le dernier rapport de l'Afssa peine, paraît-il, à rassembler des preuves indiscutables de l'utilité actuelle des OGM mais ne recueille pas davantage de données en direction des risques qu'ils font courir. Toutes les inventions importantes ont provoqué de telles peurs et on rit bien aujourd'hui des réactions aux premières automobiles, locomotives, ou installations électriques.
L'ouverture au progrès scientifique fait partie des critères de jugement des civilisations. Elle est empêchée par les obscurantismes de tous ordres.
Heureusement, dans notre société occidentale, les forces de progrès l'ont toujours emporté et les réactionnaires craintifs ont été relégués avec les nostalgiques de la lampe à huile et de la marine à voile.
Il serait bien dommage que le mouvement écologique qui a tant à apporter finisse de cette façon et après avoir contribué à maintenir dans l'ignorance ceux qu'il entendait protéger.
Avec mes plus cordiales salutations.
ASSEMBLÉE NATIONALE NM/NV - 2004/0399
Bègles, le 09 août 2004Cher Monsieur,
Je vous remercie pour votre courrier dont j'ai pris connaissance avec beaucoup d'intérêt.
Le combat contre les 0GM n'est pas une forme d'obscurantisme mais c'est un acte de résistance à une tentative totalitaire de quelques grands groupes qui veulent dominer l'agriculture mondiale par ce moyen... et l'aide du brevetage du vivant.
Alors je dis oui à la recherche fondamentale, mais non à la soumission aux multinationales.
Bien à vous,
Noël Mamère